Véronique Cayla, «la personne parfaite pour présider les César»


Elle est peut-être la personne idoine qui devait succéder à Alain Terzian. La carrière de Véronique Cayla l’a menée au ministère de la Culture, à la direction du CNC puis d’Arte et elle devrait prendre la présidence de l’Académie des César. Sa connaissance parfaite du monde de la culture et du cinéma, où elle jouit d’un immense respect, devrait forcer le respect après les bouleversements provoqués par «l’affaire Polanski» lors de la dernière remise des trophées.

Dès l’annonce de sa nomination prochaine à la tête des César, une pluie d’éloges s’est abattue sur l’intéressée. «Véronique Cayla. Une femme brillante, engagée, mesurée et fédératrice. La personne parfaite pour présider les César. L’élégance, la culture et la bienveillance, je dis oui», a réagi le réalisateur et scénariste Hugo Gelin sur Twitter. Quant à Gilles Jacob, ex-président du Festival de Cannes, il a tenu à souligner à propos de Véronique Cayla: «Elle a cet avantage d’être à la fois gestionnaire et amoureuse des talents. C’est ce qu’il fallait pour les César.»

Compliments de circonstance? Pas seulement. Car Véronique Cayla, 70 ans, a suscité le respect de ses pairs tout au long de sa carrière.
Née à Saint-Cloud en banlieue parisienne, elle est diplômée de Sciences Po et démarre sa vie professionnelle en 1973 au ministère de la Culture comme chargée de mission.

Quelques années plus tard, cette passionnée de culture devient la conseillère technique en charge du cinéma de Jean-Philippe Lecat, alors ministre de la Culture, jusqu’à la fin du septennat de Valéry Giscard d’Estaing. Remerciée en 1981, elle quitte la sphère publique et rejoint la Vidéothèque de Paris (devenu ensuite le Forum des images, aux Halles), avant d’en prendre la tête en 1989.

La candidate du consensus

Trois ans plus tard, elle part chez le groupe de production MK2 puis est nommée au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en janvier 1999. Directrice générale du festival de Cannes, de 2001 à 2005, elle a travaillé aux côtés de Thierry Frémaux sous l’autorité du président Gilles Jacob. En 2005, elle dirige le Centre national du cinéma (CNC), organisme public connu notamment pour ses aides au financement de films.

Elle rejoint l’audiovisuel public en 2011, à la tête d’Arte France. C’était «la candidate du consensus», indique-t-on à l’époque au sein de la chaîne. En coulisses, c’est Nicolas Sarkozy, alors président de la République, qui pèse en faveur de cette proche de Jacques Chirac, au moment du choix par les actionnaires d’Arte en octobre 2010.

Pourtant, loin des clivages politiques, son mandat fait l’unanimité: à son départ en juillet 2020, elle laisse une chaîne avec des taux d’audience au plus haut de son histoire. Mais surtout, Véronique Cayla, a réussi le pari d’attirer un public plus jeune sur cette chaîne, réputée «intello». Plateforme de vidéos à la demande pour revoir les programmes, présence sur YouTube, le réseau social Snapchat, podcasts d’Arte Radio… La diversification, menée tambour battant par sa présidente, est un succès. «Un travail remarquable», notamment en termes de «démocratisation culturelle» et de «transition numérique», déclaraient l’été dernier Franck Riester, alors ministre de la Culture et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie.

Femme de l’ombre, Véronique Cayla n’a jamais recherché la lumière. Dans Télérama, en juin dernier, elle affirmait encore comme une profession de foi: «Je ne suis pas ambitieuse, ou plutôt je n’ai pas d’ambition personnelle, mais j’ai des valeurs auxquelles je crois et un fil rouge, la création. J’ai toujours eu le sentiment que je n’avais rien de spécial à dire. En revanche, j’ai toujours voulu accompagner au mieux les artistes.»

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