Consommation excessive de liquide : habitude ou trouble hormonal ?


Les personnes qui boivent plus de trois litres de liquide par jour peuvent souffrir d’un rare déficit hormonal. Mais pour beaucoup, il ne s’agit que d’une habitude inoffensive. Ne pas différencier correctement les deux peut être fatal, c’est pourquoi les chercheurs ont étudié quel type de test permettait d’établir un diagnostic fiable.

Dans la plupart des cas, la consommation excessive de liquide, connue sous le nom de syndrome de polyurie-polydipsie, résulte soit d’une habitude au fil du temps, soit d’une maladie psychologique. Dans de rares cas, cependant, cela peut être dû à un déficit en vasopressine. Cette hormone, libérée par l’hypophyse, régule la teneur en eau et en sel du corps. Les personnes présentant un déficit en vasopressine ne peuvent pas concentrer leur urine, ce qui leur fait perdre de grandes quantités de liquide et avoir très soif.

Il est extrêmement important de faire la différence entre une forme « inoffensive » d’ingestion excessive de liquide et un déficit en vasopressine : dans le premier cas, les personnes concernées reçoivent une thérapie comportementale pour les aider à réduire progressivement leur apport hydrique. Les personnes présentant un déficit en vasopressine reçoivent cependant de l’hormone vasopressine. Si un patient est traité par erreur par vasopressine, cela peut entraîner une intoxication hydrique, pouvant mettre sa vie en danger.

Faut-il tester avec du sel ou de l’arginine ?

Au cours des dernières années, les deux chefs de groupe de recherche, le professeur Mirjam Christ-Crain et le Dr Julie Refardt, en collaboration avec plusieurs centres nationaux et internationaux, ont travaillé intensivement sur des méthodes de test permettant de distinguer ces deux troubles. Ils ont découvert qu’un test qui stimule la libération de vasopressine via une infusion de sel hautement concentrée est très fiable. « Cependant, en raison de l’augmentation de la concentration en sel qui en résulte, une surveillance constante est nécessaire, y compris des mesures toutes les demi-heures des niveaux de sel dans le sang des patients », explique le professeur Christ-Crain.

Un test simplifié et plus facilement toléré utilise une infusion d’arginine. L’arginine, un acide aminé essentiel, stimule également la libération de vasopressine et s’est avérée permettre un diagnostic fiable.

Clarté dans le diagnostic

Avec une équipe internationale, Christ-Crain et Refardt ont désormais effectué une comparaison directe entre les deux tests et ont publié les résultats dans le Journal de médecine de la Nouvelle-Angleterre. L’étude, impliquant 158 ​​participants, montre que la perfusion de sel a abouti à un diagnostic correct pour plus de 95 pour cent des patients. Le test utilisant une perfusion d’arginine n’a toutefois permis d’établir un diagnostic correct que dans un peu moins de 75 % des cas. Le Dr Refardt résume : « Au vu de ces résultats, nous recommandons le test par perfusion de sel comme référence pour une différenciation fiable entre la polydipsie et le déficit en vasopressine. »

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