Le Parlement français s’attaque aux inconduites sexuelles, au milieu des scandales


PARIS: Le président du Parlement français a publié le premier compte rendu public de plaintes auprès d’une unité spéciale visant à lutter contre le harcèlement sexuel et d’autres inconduites, après que plusieurs affaires impliquant des législateurs français accusés d’abus ont provoqué l’indignation du public.
Yaël Braun-Pivet, la première femme speaker de France Assemblée nationalea déclaré jeudi sur la radio publique France-Info que 40 cas de comportements inappropriés au sein du corps législatif – y compris le harcèlement sexuel ou moral – ont été enregistrés depuis janvier 2021.
La cellule anti-harcèlement, créée en 2020, s’inscrit dans une démarche progressive mais croissante de lutte contre les abus sexuels et sexistes dans la société française.
Des médecins et des avocats indépendants et spécialisés accompagnent les personnes travaillant à la chambre basse de la France, des législateurs aux assistants adjoints ou au personnel.
Selon la loi française, si les situations qui ont été signalées peuvent constituer un crime, elles doivent être signalées aux procureurs. Un cas de l’année dernière a suivi cette procédure, a déclaré Braun-Pivet.
Des sanctions internes peuvent également être imposées, a-t-elle dit, sans toutefois préciser ce qui s’est passé dans chaque cas.
“Il était important d’avoir une unité spéciale pour gérer ces situations”, a-t-elle dit, insistant sur le fait qu’il n’y a pas de code du silence autour de tels abus dans Parlementet exhortant les victimes à s’exprimer.
Les nouveaux chiffres ont été dévoilés au milieu d’un scandale qui a secoué l’opposition de gauche à l’Assemblée nationale : l’éminent législateur d’extrême gauche Adrien Quatennens a récemment reconnu avoir giflé sa femme et l’influent candidat à la présidentielle à trois reprises Jean-Luc Mélenchon l’a d’abord défendu.
Quatennens a démissionné de son rôle de coordinateur du parti; Melenchon a été critiqué au sein de leur camp de gauche pour ne pas avoir tenu ses promesses de défendre les droits des femmes et de lutter contre la violence sexiste.
Autre figure marquante de la gauche, le législateur Julien Bayou a été “suspendu de ses fonctions” de coprésident du groupe des Verts à l’Assemblée nationale mardi, après qu’un ancien associé l’ait accusé de violences psychologiques dans une plainte déposée auprès de la cellule anti-harcèlement du parti.
Bayou n’a pas commenté l’accusation, et le parti se prononcera dans la semaine à venir sur son futur rôle. Une enquête interne du parti est en cours.
Braun-Pivet a déclaré que c’était le “choix personnel” d’un législateur de démissionner s’il était accusé d’actes répréhensibles, mais la loi ne l’oblige pas à démissionner.
L’ancien ministre français Damien Abad a dû quitter le gouvernement après avoir été accusé de viol par deux femmes. L’affaire a contribué à galvaniser un mouvement visant à dénoncer l’inconduite sexuelle dans la politique française.
Abad, également membre du parlement, a nié les allégations. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire sur les accusations.
Braun-Pivet a parlé de sa propre expérience à l’Assemblée nationale où elle a été élue pour la première fois en 2017 et a été la cible de comportements sexistes, notamment de “remarques” inappropriées et de “petits bruits”.
Mais elle espère que les choses vont progressivement changer. Elle a noté que les femmes représentent 37 % des législateurs à l’Assemblée nationale – contre 39 % il y a cinq ans, mais contre 12 % il y a une génération – et cinq des six vice-présidents de l’Assemblée nationale sont désormais des femmes.



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