Annie Ernaux après Jean-Marie Gustave Le Clézio et Patrick Modiano ?


Qui succédera à la poète américaine Louise Glück ? Comme chaque année, les pronostics vont bon train. Le Japonais Haruki Murakami et la Française Annie Ernaux ont la faveur des bookmakers.

Qui succédera à la poète américaine Louise Glück au Nobel de littérature ? Pour les parieurs, tout va se jouer entre le Japonais Haruki Murakami, qu’ils placent en pole position, la Canadienne Anne Carson (mais deux poètes de suite, c’est assez peu crédible), la Russe Ludmila Oulitskaïa et la Française Annie Ernaux.

Finaliste en 2019 du Man Booker International, l’auteur de Une femme et de Mémoire de fille a toutes ses chances tant les jurés suédois apprécient les auteurs de l’hexagone. Après Le Clézio en 2008 et Modiano en 2014, la passe de trois avec Ernaux ? Les autres auteurs de langue française pressentis par les bookmakers sont Maryse Condé, lauréate du prix Nobel alternatif en 2018, Hélène Cixous, poétesse, essayiste, dramaturge et un certain Michel Houellebecq, dont le statut d’auteur français le plus lu, traduit dans le monde, est un avantage certain.

En dehors d’Annie Ernaux, au rayon « grandes dames », le jury peut aussi choisir la Canadienne Margaret Atwood ou l’Américaine Joyce Carol Oates. Cette dernière va-t-elle enfin l’emporter ou sera-t-elle victime du syndrome Philip Roth, cent fois annoncé, cent fois recalé ? A priori, la composition du jury suédois ayant pas mal changé ces dernières années à cause de multiples scandales, les «antiaméricains» ne devraient plus être très nombreux. Cela ouvre aussi les portes à des écrivains incontestables comme Don DeLillo ou Cormac McCarthy.

L’Afrique parent pauvre du palmarès

Les continents les plus couronnés étant l’Europe et l’Amérique, l’Académie suédoise pourrait être tentée de rééquilibrer un tant soit peu son palmarès. En Asie, le dernier Japonais, si l’on met de côté Kazuo Ishiguro, de nationalité anglaise, fut Kenzaburo Oé en 1994 !

L’Afrique est le parent pauvre du palmarès. Si l’Afrique du Sud a placé deux auteurs en l’espace de douze ans, Nadine Gordimer en 1991 et J.M.Coetzee en 2003, l’Égypte et le Nigéria n’en comptent qu’un avec respectivement Naguib Mahfouz, en 1988, et Wole Soyinka, en 1986. Cela fait peu. Le meilleur espoir du continent sera le Mozambicain Mia Couto, dont la langue est le portugais. Ce qui nous rappelle que le dernier écrivain portugais couronné, José Saramago, le fut en 1998 et que l’immense Antonio Lobo Antunes, attend toujours !

Côté outsiders, notons la présence de Stephen King, lauréat en 2001 du prestigieux National Book Award pour l’ensemble de sa carrière. Et celle, pour la première fois, de Patti Smith, elle aussi lauréate du National Book Award en 2010 pour Juste des enfants. Depuis, la chanteuse n’a cessé de publier avec succès des livres de non-fiction. On pourrait dire que, comparé à Bob Dylan, l’écrivain des deux c’est elle, pas lui. Un commentaire qui s’appliquait également jusqu’à sa mort à Leonard Cohen, auteur de plusieurs romans et recueils de poésie. Pour la petite histoire, on se souvient qu’en 2016 c’est la chanteuse poète de Parce que la nuit et de Les chevaux que le grincheux Dylan avait mandatée pour lire son discours. Elle a repéré les lieux !

.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*