Le Conservatoire de musique de Paris renonce à licencier le violoncelliste Jérôme Pernoo


Visé par une enquête interne pour agression sexuelle sur mineur, le professeur contractuel n’a pas été licencié. Mais il a été suspendu de son poste afin de sanctionner ses méthodes d’enseignement qui, visiblement, déplaisent à la direction.

Le couperet est tombé mardi 7 septembre, à une semaine de la rentrée du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP). Le professeur de violoncelle Jérôme Pernoo était visé par une enquête préliminaire, ouverte par le parquet de Paris, et un audit interne – contesté – mené par la militante féministe Caroline De Haas pour «agression sexuelle sur mineur». Ces faits reprochés n’ont pas pu être prouvés. En revanche, l’intéressé a été suspendu de son poste, pour une autre raison. La direction a considéré que ses méthodes d’enseignement «perturbent la bonne marche du Conservatoire et entravent l’exercice du devoir de protection qui s’impose à ce dernier vis-à-vis de ses élèves», selon un communiqué de presse.

«Le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSDMP) a pris la décision de prononcer une sanction disciplinaire à l’encontre de Monsieur Jérôme Pernoo, professeur de violoncelle, sous la forme d’une exclusion temporaire de ses fonctions pour une durée d’un an, à compter du 9 septembre 2021», explique le document. Ainsi, Jérôme Pernoo «ne dispensera plus ses enseignements au Conservatoire et sera privé de traitement pendant toute la durée de cette mesure».

«Je conteste la sanction»

Répondant au communiqué du Conservatoire, la défense de Jérôme Pernoo a fait savoir que «Monsieur Pernoo réfute fermement ces griefs et contestera cette décision par l’introduction de recours hiérarchiques et administratifs. En outre, la direction du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris a notifié [au professeur] sa décision “d’abandonner le projet de licenciement pour faute grave (le) concernant”. Aucun des faits pénalement qualifiables évoqués par la presse n’a été retenu à son encontre, en dépit d’une enquête réalisée exclusivement à charge, en violation des principes cardinaux de contradictoire, d’objectivité, d’impartialité, de prudence et de confidentialité. Il avait d’ailleurs été réintégré par sa hiérarchie dans les effectifs de l’établissement dès le 16 juillet 2021».

L’enquête interne n’a pas permis de prouver les agressions reprochées à Jérôme Pernoo. Selon la défense du violoncelliste, les accusations évoquées durant l’audit, qui se seraient toutes déroulées devant témoins, ont été invalidées par les déclarations des personnes auditionnées. Une commission consultative paritaire, formée en juin afin de décider du sort du professeur, avait de son côté recommandé un licenciement sans indemnités ni préavis.

Interrogé par Le Figaro, Jérôme Pernoo déclare avoir «saisi le tribunal administratif de Paris pour contester la sanction de douze mois d’arrêt sans traitements». Il a également relaté son entrevue avec la directrice du Conservatoire, Émilie Delorme : «Elle trouve que j’ai trop d’emprise sur mes élèves, que je crée un esprit de famille et donc une concurrence entre eux. De plus, les contrepèteries, dont j’use en cours, l’indisposent tout particulièrement. Elle considère cela comme des propos à connotations sexuels et m’a demandé si je requérais l’autorisation de mes étudiants.»

Dans la lettre notifiant sa suspension, Émilie Delorme aurait ajouté que cette pratique langagière serait un moyen «pour être de connivence avec ceux qui les comprennent, tout en discriminant ceux qui ne comprennent pas», a précisé le musicien. Enfin, l’habitude du violoncelliste d’affubler ses élèves de surnoms serait aussi pointée du doigt.

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