le Lion d’Or pour L’Événement, Penélope Cruz sacrée meilleure actrice


D’un cru exceptionnel, la 78e édition du festival international du film de Venise a couronné le long métrage tricolore de la Franco libanaise Audrey Diwan, qui raconte l’histoire d’un avortement clandestin.

L’Événement a créé l’événement, au terme d’une cérémonie de clôture dont le final peut, cette année, se targuer de reflets tricolores. La réalisatrice française Audrey Diwan, 41 ans, a reçu samedi le Lion d’Or à Venise pour L’Événement, un film cru, intimiste et féministe sur une jeune femme qui avorte clandestinement. Le film, adapté du récit autobiographique éponyme de la romancière Annie Ernaux, se déroule dans la France des années 1960, avant la légalisation de l’avortement. Il montre le parcours d’une jeune étudiante qui tombe enceinte, interprétée par la Franco-Roumaine Anamaria Vartolomei. Avec son Lion d’or, Audrey Diwan succède à la Sino-Américaine Chloé Zhao, sacrée l’an dernier pour Pays nomade .

«Malheureusement quand vous travaillez sur l’avortement vous êtes toujours dans l’actualité», a déclaré Audrey Diwan en recevant son prix. «J’ai fait ce film avec colère et désir, je l’ai fait avec mon ventre, avec mes tripes avec mon coeur, a-t-elle ajouté. Je voulais que ce soit une expérience», un «voyage dans la peau de cette jeune femme». Journaliste et romancière qui a écrit pour la télévision, Audrey Diwan a co-signé le scénario de plusieurs films français dont Bac Nord , un film sur les violences policières actuellement sur les écrans français ou La Française de Cédric Jimenez, avant de passer à la réalisation.

La réalisatrice Franco libanaise Audrey Diwan avec son Lion d’Or, obtenu pour son film L’Événement. Filippo MONTEFORTE / AFP

La star espagnole Penélope Cruz a également remporté samedi soir à Venise le prix de la meilleure interprétation féminine pour son rôle dans Mères parallèles, sa nouvelle collaboration avec son compatriote Pedro Almodovar. Le réalisateur lui avait déjà permis d’être récompensée en 2007 par le prix d’interprétation à Cannes pour Volver. «Merci Pedro, tu as créé une magie, je t’adore», a réagi Penélope Cruz en recevant son prix.

Film qui a ouvert la 78e édition de la Mostra, Mères parallèles est construit sur le parcours croisé de deux femmes qui accouchent le même jour dans la même maternité, et Penélope Cruz incarne une photographe quadragénaire qui tombe enceinte d’un ami archéologue et marié, qui lui a promis de l’aider à retrouver la sépulture de son arrière-grand-père, disparu aux débuts de la guerre civile espagnole. Un rôle sur mesure pour l’actrice de 47 ans, née en 1974 dans une famille modeste de la banlieue de Madrid.

Deux prix pour La main de Dieu

Du côté du meilleur rôle masculin, c’est l’acteur philippin John Arcilla qui a remporté samedi le prix d’interprétation masculine au festival de Venise. Star dans son pays, l’acteur de 55 ans a été récompensé pour son rôle de journaliste confronté aux fake news et à la corruption dans Au travail : les 8 disparus, un film fleuve d’Erik Matti de trois heures et demie. « Merci beaucoup, merci beaucoup, a-t-il réagi en italien. Je suis l’acteur le plus heureux du monde ce soir, car je sais que nous venons de différents pays, de différentes cultures, mais ce soir nous nous comprenons tous grâce au cinéma», a-t-il ajouté. Bien que présenté en tant que long-métrage en compétition à Venise, Au travail : les 8 disparus sera découpé en une mini-série pour la chaîne de télévision américaine HBO.

Parmi les autres prix distribués au cours de la soirée, La main de Dieu (Italie), repart avec le Grand Prix du Jury entre les mains de son réalisateur Paolo Sorrentino, ainsi qu’avec le prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir masculin pour le jeune Filippo Scotti, en tête d’affiche du film. Le prix de la meilleure réalisation a échu à La part du chien, de Jane Campion (Nouvelle-Zélande) et le prix spécial du jury a été remis à Michelangelo Frammartino pour Le trou (Italie). Enfin, l’actrice et réalisatrice américaine Maggie Gyllenhaal s’est vue également récompensée du prix du meilleur scénario pour son premier long métrage La fille perdue (États-Unis).

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