Rentrée littéraire: l’ombre paternelle


Absents, abusifs, admirés ou honnis, ils sont au cœur de plusieurs romans de la rentrée signés, entre autres, Jean-Baptiste Del Amo, Sorj Chalandon, Marc Dugain.

Jean-Baptiste Del Amo: ascendance empoisonnée

Jean-Baptiste Del Amo. Francesca Mantovani / Editions Gallimard

Le naturalisme, pas mort! Del Amo y a déjà sévi et y persiste. Dans une poussée noire, organique et pétrie de fatalité. On est aux antipodes du parisianisme ironique et toujours léger, du minimalisme élégant. On s’enfonce dans la boue et le sang, les corps sauvages se traquent et ne savent pas aimer.

Pour nous plonger dans l’ambiance, Del Amo commence par l’évocation d’une horde de chasseurs préhistoriques où un père achève une chevrette sous les yeux de son fils, ainsi initié. La transmission du père au fils occupera la totalité du roman. Mais elle sera viciée par une répétition mimétique, un déterminisme macabre. Tout est joué, empoisonné. Un grand-père errant et fou – comme chez Zola qui croyait dur comme fer à une espèce de fatalité génétique – fait ricocher le mauvais sort sur sa descendance.

Les protagonistes principaux n’ont pas de nom, ce sont des figures à la fois très concrètes et génériques. Le père qui revient, semble-t-il, d’un séjour en prison, pour retrouver sa femme de 26 ans

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