Antoine Blondin, le hussard bagarreur


LES ANTICONFORMISTES (4/7) – Au-delà de sa légende de buveur invétéré et des convictions politiques qui lui étaient prêtées, l’auteur d’Un singe en hiver restera comme un grand écrivain de la France charnelle.

Ils détestent les conventions sans pour autant mépriser la tradition, ils ont un côté anar et conservateur à la fois. À l’heure du politiquement et du sanitairement correct, l’œuvre et la vie de ces anticonformistes nous donnent une leçon de liberté.

Il est des notoriétés qui éclipsent le génie: ainsi de celle d’Antoine Blondin, écrivain dont l’œuvre, modeste au demeurant dans son envergure, est peut-être restée discrètement tapie à l’ombre de sa propre légende. À ses obsèques, son ami Michel Déon avait eu ce mot: «La grâce voulait aussi qu’il fût un grand écrivain.» «Aussi»: entre autres choses, parmi d’autres vies – d’autres malentendus.

Mais que peut-on dire d’un homme qui a toujours refusé de se raconter? Plus fainéant encore dans la tenue de ses archives et de ses correspondances que dans l’écriture elle-même, qui déjà lui valait d’incessantes relances de son éditeur, il a volontairement négligé de tenir son journal. Et quand il fait mine de se livrer, il affabule à moitié, arrange les

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