L’Unesco demande à la Turquie un rapport sur l’état de conservation de Sainte-Sophie


PATRIMOINE – L’établissement «regrette profondément l’absence de dialogue et d’information» sur la décision prise par Recep Tayyip Erdogan de changer le statut du monument de musée en mosquée.

Le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco a demandé vendredi à la Turquie de présenter d’ici 2022 un rapport sur l’état de conservation de la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul, exprimant sa «profonde préoccupation» sur les conséquences de la transformation en mosquée de ce célèbre édifice de l’époque byzantine. La transformation en mosquée le 10 juillet 2020 par les autorités turques de Sainte-Sophie, jusqu’alors un musée, avait déclenché une vague d’indignation internationale et aggravé les tensions entre la Turquie et la Grèce.

Le Comité du patrimoine mondial demande à la Turquie de présenter d’ici le 1er février 2022 «un rapport à jour sur l’état de conservation» de l’édifice. Il «regrette profondément l’absence de dialogue et d’information» sur la décision de la Turquie de changer le statut des musées de Saint-Sophie et de Saint-Sauveur-in-Chora, autre chef-d’œuvre de l’architecture byzantine.

En août 2020, un décret présidentiel a ordonné la reconversion en mosquée de l’église Saint-Sauveur-in-Chora, aussi appelée église de la Chora, décorée notamment de fresques du XIVe siècle représentant le Jugement dernier. Ces initiatives s’inscrivaient dans le cadre des efforts du président Recep Tayyip Erdogan pour galvaniser ses partisans les plus conservateurs et nationalistes au moment où la Turquie était confrontée à des difficultés économiques aggravées par la pandémie.

Le Comité a exprimé également «sa profonde préoccupation concernant l’impact potentiel que peuvent avoir les changements concernant ces composantes clé sur la valeur universelle remarquable des biens» et appelé la Turquie à s’impliquer dans une coopération internationale et le dialogue avant tout autre changement important. Sainte-Sophie comme Saint-Sauveur-in-Chora sont situés dans les zones historiques d’Istanbul, inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco par l’agence de l’Onu.

Le Comité du patrimoine mondial est actuellement réuni en ligne sous la présidence depuis Fuzhou (Chine) de Tian Xuejun, vice-ministre chinois de l’Éducation et président de la Commission nationale chinoise pour l’Unesco pour sa session annuelle. Si le Comité se déclare insatisfait de l’état de conservation d’un site inscrit sur sa liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, il peut l’inscrire sur la liste des sites du Patrimoine mondial en péril, où même simplement le retirer.

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