Après l’occupation, un mouvement de grève au théâtre Graslin à Nantes


Dans la salle d’opéra de la ville, à peine vidée de ses occupants, commence une fronde contre l’entrée en vigueur des 1607 heures de travail annuelles au sein du personnel de la mairie.

Un mouvement social peut en cacher un autre. Tandis que l’occupation du théâtre Graslin, à Nantes, s’est achevée le samedi 26 juin, une grève y a pris le relais. Selon Ouest-France , environ vingt techniciens employés par Angers-Nantes Opéra ont entamé lundi un mouvement de grève dont le préavis court jusqu’au 16 juillet. Au cœur de la contestation, l’entrée en vigueur de la loi de transformation de la fonction publique, dont l’un des articles impose la mise en place des 1607 heures au sein du personnel de la mairie, à compter de janvier 2022.

À l’inverse des occupants, qui avaient invoqué une «pause estivale» pour expliquer leur départ du théâtre, les grévistes se mobilisent maintenant puisque la mise en place des 1607 heures était examinée le vendredi 25 juin en conseil municipal. La CGT avait appelé les élus à ne pas voter cette délibération. Dans Ouest-France , Richard Hinault, machiniste à l’opéra et délégué du personnel CGT du Syndicat mixte Angers Nantes Opéra, dénonce un «dialogue social au point mort». Les agents exigent de leur direction «un calendrier de négociations et la prise en compte de [leurs] revendications dans les délibérations sur le temps de travail».

D’autres institutions en grève

Les grévistes s’inscrivent ainsi dans le sillage de mouvements initiés dans d’autres institutions culturelles, à l’image du musée Carnavalet, dont l’édifice a été bloqué, là encore pour protester contre de nouvelles règles de temps de travail. «Ces changements reviennent à travailler 60 heures de plus par an pour le même salaire», déplore Richard Hinault. Le théâtre Graslin compte une centaine d’agents – titulaires ou contractuels – qui y travaillent comme machinistes, accessoiristes, perruquiers, maquilleuses, électriciens.

À Nantes ces derniers mois, la salle d’opéra a été un foyer de contestation. Après 109 jours d’occupation, les intermittents installés dans le théâtre Graslin, salle affiliée au syndicat mixte Angers-Nantes Opéra, ont quitté les lieux en grande pompe le 26 juin. Les locaux avaient été investis le 10 mars, au grand dam du directeur d’Angers-Nantes Opéra, Alain Surrans, lequel avait menacé de mettre un terme à la saison théâtrale. Dans nos colonnes, l’ancien directeur de l’Opéra de Rennes expliquait être «dans une position complexe» après que le préfet de Loire-Atlantique avait refusé la reprise des spectacles le 19 mai tant que l’occupation durait. Des spectacles avaient finalement pu se tenir malgré la persistance du mouvement.

.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*