À Aix-en-Provence, les Rencontres du 9e art rayonnent dans la rue pour contrer le coronavirus


Colonnes Morris ou sucettes Decaux, la manifestation détourne l’affichage public pour exposer les œuvres des auteurs de BD invités.

Pour exister coûte que coûte, les Rencontres du 9e Art d’Aix-en-Provence, qui depuis 2004 offrent deux mois de réjouissances dédiés à la bande dessinée chaque printemps, ont fait un pari : investir la rue. Pour offrir au public une déambulation enchantée, les organisateurs ont décidé de détourner les réseaux d’affichages de l’espace public pour exposer les artistes. La solution a permis à la manifestation de se maintenir jusqu’à fin mai, malgré la pandémie, alors qu’elle avait été obligée d’annuler sa précédente édition.

«Au vu de l’évolution de la situation sanitaire actuelle, nous sommes dans l’impossibilité d’envisager une date d’ouverture précise et des conditions favorables pour travailler avec les établissements culturels pouvant recevoir du public, expliquent les organisateurs. La programmation des Rencontres du 9e Art doit donc se réinventer et proposer de nouveaux formats afin de pouvoir exister autrement.»

Parmi ces expositions à ciel ouvert, les Aixois peuvent admirer jusqu’au 5 mai, les illustrations vintage de Stéphane Trapier qui couvrent les colonnes Morris du centre-ville avec douze créations inédites.

«Trapier est un as du copiage, un cador du collage qui détourne des illustrations vintages ou des images de cinéma de quartier pour parfois les associer à des extraits de chansons populaires. Dans ce mélange saugrenu, entre dessins et textes se dégage des illustrations un doux parfum de “ déconnade” qui n’aurait pas déplu à Roland Topor» présente le site officiel du festival. Dans l’imaginaire de l’affichiste du Théâtre du Rond-Point à Paris, « Batman et Robin croisent John Wayne, Liz Taylor chante du Bashung, Frankenstein siffle Joe Dassin et Tarzan fait son coming out .»

Les panneaux d’affichage Decaux sont également mis à contribution. Jusqu’au 27 avril, quarante dessins d’Éric Lambé, l’auteur de Paysage après la bataille – Fauve d’or 2017 à Angoulême, proposent une série «qui interroge notre réalité et le medium bande dessinée». À travers cette exposition, «l’album cartonné apparaît comme un livre divin dont sa lumière et sa lecture pourraient nous sauver de tout». Cet auteur singulier est le membre unique du label graphique Botanike Komiks, un label créant «principalement des récits courts, tour à tour poétiques, humoristiques et grinçants», précise le festival.

Le travail d’Éric Lambé exposé à Aix-en-Provence. Éric Lambé/ Rencontres du 9e art

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