«Les virologues se substituent désormais aux théologiens»


VU D’AILLEURS – Pour l’écrivain allemand Arnold Stadler, on a fait l’impasse sur la dimension existentielle de la mort et du décès dans la lutte contre le virus. Il considère les experts devenus omniprésents comme «les grands prêtres d’une nouvelle religion de la santé, purement terrestre».

Par Richard Kämmerlings (Die Welt)

La vision de l’homme toujours en mouvement sur la Terre est un mythe ancestral. Depuis déjà bien longtemps, l’homo viator et le pèlerin en quête de salut ont fait place aux amateurs de trekking et de curiosités touristiques qui cochent, à la manière d’un guide de vie, la liste des «1000 lieux à visiter avant de mourir». Un peu comme si leur vie ne pouvait être accomplie qu’une fois qu’il ne leur restera plus de zones blanches sur leur carte du monde intérieure.

« Que fais-je ici ? », s’interroge Arnold Stadler dans son nouveau roman. Dans son ouvrage intitulé Am siebten Tag flog ich zurück (Le septième jour, je suis rentré, non traduit en français), il relate un voyage au Kilimandjaro en faisant allusion au récit de la genèse dans la Bible. Le narrateur est sur la route pendant six jours, en direction d’un endroit que l’on peut qualifier de paradisiaque, si l’on n’entend pas par là « authentique », « intact », ou encore « libéré de tous

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