Christophe Carrière, une mère prostituée et un beau-père proxénète : ses confidences douloureuses


Christophe Carrière s’est confié comme jamais auparavant. Mardi 9 mars 2020, le critique de cinéma, journaliste et écrivain était l’invité d’Evelyne Thomas sur Non Stop People. L’occasion pour lui de revenir sur son enfance, qu’il racontait déjà sous la forme d’une fiction dans l’ouvrage Un père et passe, paru en 2016. Christophe Carrière a alors expliqué que sa mère, qui lui a donné naissance lorsqu’elle n’avait que 20 ans, se prostituait et que son beau-père, était son proxénète.

« Je ne suis pas un enfant du trottoir, contrairement au roman, dans le roman j’ai simplifié. Mais je ne le connais pas (mon père), ma mère avait deux amants à cette époque. Elle ne se prostituait pas encore. Elle avait deux amants, elle ne savait pas lequel des deux était mon père« , a-t-il d’abord contextualisé. Finalement, Christophe Carrière est « placé en nourrice » pendant deux ans. « J’étais déjà maltraité. J’étais mal nourri. J’étais difforme« , s’est-il souvenu. Est arrivé par la suite son beau-père dans la vie de sa maman, « un sale mec » qui « l’a mise sur le trottoir » et qui lui a fait vivre à lui un véritable calvaire au quotidien. « Pendant neuf ans, ça a été l’horreur. Pas de sévices sexuels. Des sévices psychologiques et corporels. J’ai quelques petites traces« , a-t-il confié. L’ancien chroniqueur de Touche pas à mon poste a même livré un exemple glaçant : « On avait un chien et il fallait que je nettoie sa gamelle et un jour elle n’était pas propre. Il m’a dit : ‘Toi, tu mangerais dedans ?’ et il m’a fait manger dedans (…) J’avais 12, 13 ans« .

Sa mère « sous emprise et dans le déni » n’a jamais rien pu faire pour aider son fils. Elle finira tout de même par quitter son compagnon lorsqu’elle a « rencontré quelqu’un d’autre« . Sur le tard. « Mais elle a refait sa vie à 60 ans« , a indiqué Christophe Carrière. En attendant, le journaliste n’avait d’autre choix que de prendre sur lui. « Tout ça, ça s’est passé entre 10 et 17 ans. C’est compliqué. C’était pas comme maintenant. La parole n’était pas libérée. (…) Moi je cherchais absolument l’amour de mes parents. Je voulais leur faire plaisir. Je voulais qu’ils soient fiers de moi, mais je voyais bien que ce n’était pas très normal tout ça, mais je mettais un mouchoir dessus, je me disais : ‘Je serai plus fort que ça’.« 

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