Sotheby’s désignée pour vendre la collection fleuve de Karl Lagerfeld


L’administration de sa succession a choisi la maison d’enchères pour effectuer l’inventaire et la vente des collections du couturier provenant de ses résidences de Paris, Louveciennes, la Provence et Monaco.

C’est la maison de ventes Sotheby’s qui a été choisie par l’administration de la Succession Karl Lagerfeld pour effectuer la vente de ses collections garnissant ses résidences de Paris – l’appartement du 17 Quai Voltaire (Paris 7e)-, de Louveciennes – une demeure cossue entourée d’un grand parc -, la Provence et Monaco où il avait un appartement dans lequel il n’allait pas beaucoup, lui préférant Saint-Tropez.

L’inventaire (prévu pour durer deux mois) sera suivi d’une vente aux enchères de la collection à Monaco. Cette vente inaugurale aura lieu au second semestre 2021 et soulignera le lien si fort du couturier avec la Principauté et la famille princière. Elle sera suivie par d’autres dispersions à Paris, galerie Charpentier.

«C’est avec une très grande fierté que nos équipes ont appris la nouvelle. La vente rendra hommage à cet immense créateur, figure incontournable de la mode et des Arts», déclare Pierre Mothes, vice-président de Sotheby’s France. Cette vente se fait pour couvrir une dette de 32 millions d’euros que Bercy réclame. L’estimation des actifs du célèbre couturier disparu le 19 février 2019, mobilier et immobilier, représenterait la moitié de la dette. D’où l’intérêt de vendre dans une grande maison internationale pour en faire un événement et booster les prix avec une médiatisation et un marketing orchestrés sur mesure.

Karl Lagerfeld a toujours été un amoureux curieux des belles choses. Toute sa vie il a accumulé les objets par horreur du vide avec une certaine boulimie, avant de les revendre. Souvent pour éponger ses dettes fiscales comme le château de Penhouët à Grand-Champ dans le Morbihan. En 1991, le couturier avait vendu chez Sotheby’s sa collection de mobilier Memphis pour lequel il fut l’un des premiers à s’intéresser, bien avant le chanteur David Bowie. Les 133 lots, dont le fameux lit en forme de ring de boxe, Tawayara, de Masanori Umeda, pour 1,5 million de francs.

En 2000, c’est à Christie’s qu’il avait confié sa collection XVIIIe d’œuvres achetées au prix fort chez les grands antiquaires parisiens et qui totalisa 145 millions de francs à Monaco. Enfin, il était retourné en 2003 chez Sotheby’s pour disperser à Paris, le contenu Art Déco de sa maison de Biarritz de ses appartements de Monaco qui totalisèrent 7 millions d’euros, en doublant l’estimation prévue. C’est cette dernière qui l’a emporté pour disperser ce qui reste.

L’ensemble s’annonce tout aussi important. D’autant qu’il aurait accumulé aussi ses dernières trouvailles dans un immense entrepôt, dit-on, de 2 000 m2. Depuis ces ventes, Karl Lagerfeld avait continué à acheter inlassablement de nouveaux objets, surtout du design, avec l’œil du collectionneur toujours aussi aguerri, sans regarder s’il faisait vraiment de bonnes affaires…

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