Adultère, d’Yves Ravey: des vies minuscules


LA CHRONIQUE D’ÉTIENNE DE MONTETY – Le charme puissant de ce roman tient au fait que le lecteur voit tout, et qu’il assiste impuissant au dérèglement des êtres et des circonstances.

Décidément, les personnages des romans d’Yves Ravey n’ont pas de chance. Dans leurs péripéties, ils croisent toujours le chemin d’un quidam qui vient tout gâcher. Dans Pas dupe , c’était un inspecteur vétilleux, et dans son nouveau livre, Adultère, c’est une experte en assurances accrocheuse. Sans ces êtres agaçants qui ne se contentent pas de l’apparence des situations, pas plus qu’ils ne se fient aux dénégations de leurs interlocuteurs, le monde selon Ravey, où tout semble flotter dans l’air clair, serait vraiment idyllique.

Une nouvelle fois, le temps est beau, la situation est calme. Certes, la station-service que Jean Seghers et sa femme Remedios gèrent est en état de faillite. Mais leur ami Xavier Walden, qui préside le tribunal de commerce de la ville, semble en mesure de la racheter. Certes, Ousmane le veilleur de nuit réclame ses indemnités avec insistance. Certes, Seghers a des doutes sur la conduite de sa femme qui sort le soir, et rentre tard. Mais à part ça, rien à signaler.

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