Christophe Dominici – Le deuil impossible de son père : « On aurait pu le sauver »


La douleur d’un père, dont les deux enfants sont morts.

Trois mois après la brutale disparition de Christophe Dominici, Paris Match est allé à la rencontre de Jean-Marie Dominici, dit Janot, et de sa femme Nicole, dans leur maison de Hyères. Cet entretien publié dans le numéro du 25 février 2021 concorde avec la sortie de la réédition de Bleu à l’âme, l’autobiographie de Christophe Dominici.

Janot Dominici ne réalise toujours pas que son fils s’en est allé, alors qu’il n’avait que 48 ans. Dans l’après-midi du 24 novembre 2020, l’ancien rugbyman est tombé d’un muret haut d’une dizaine de mètres, dans le Parc de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Installé à Boulogne-Billancourt avec sa femme Loretta et leurs deux filles, il avait l’habitude de se promener dans ce bel écrin de nature de l’Ouest parisien, non loin de la maison que la famille était en train de faire construire. Sa chute était-elle accidentelle ou intentionnelle ? Les analyses toxicologiques avaient parlé quelques jours plus tard. « Aucune trace de stupéfiants, ni d’alcool, ni de médicaments en dose élevée n’a été relevée dans son sang. Des traces de médicaments, mais en concentration peu élevée, ont été retrouvées« , avait rapporté L’Equipe à l’époque. La thèse d’une bouffée délirante avait alors été avancée, une piste à laquelle se raccroche Dominici, ne pouvant croire que son fils se soit suicidé même s’il connaissait sa grande fragilité et ses problèmes psychologiques.

Suite à l’échec de la reprise du club de Béziers l’été dernier, projet dans lequel il était très impliqué, Christophe Dominici était tombé dans une profonde dépression, maladie à laquelle il avait été confronté par le passé. L’ancienne star du rugby français a été internée à deux reprises dans une clinique avant un passage en maison de repos. Pour Janot Dominici, le drame de la mort de son fils aurait pu être évité. « On aurait pu le sauver, ça tient à si peu de choses ! J‘en veux aussi aux psys qui n’ont pas pris au sérieux la maladie de mon fils, à quoi servent ces gens ? Une ordonnance et des visioconférences, ça ne suffisait pas pour le guérir« , accuse-t-il.

Sentant bien que son fils perdait pied, même si ce dernier lui mentait en lui assurant le contraire, Janot Dominici a entrepris de lui rendre visite peu de temps avant sa mort. Malheureusement, une rage de dents l’en a empêché et aujourd’hui, il s’en veut terriblement.

Je ne savais plus si j’étais en vie

La peine de ce père de famille est d’autant plus lourde qu’il a perdu ses deux enfants. En 1986, sa fille aînée Pascale, alors âgée de 24 ans, s’est tuée dans un accident de la route. Un drame dont Christophe Dominici ne s’est jamais vraiment remis et qu’il aborde dans son autobiographie. « Je me rappelle de ce gendarme qui nous a réveillés au milieu de la nuit et qui m’a demandé si j’étais bien le père de Pascale Dominici. Les habits qu’elle portrait au moment de l’accident et qu’ils nous ont rendus au commissariat. Pendant six mois, je ne savais plus si j’étais en vie », se souvient Janot Dominci auprès de Paris Match.

A présent, ses deux enfants reposent ensemble au cimetière de la Ritorte, à Hyères.

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