la drôle de proposition d’un festival suédois


Le festival de Göteborg veut expérimenter une distanciation physique à l’extrême. Le candidat s’isolera pendant une semaine dans un phare.

Pas un craquement de pop-corn, pas de bruit métallique d’ouverture de canette, mais le son lancinant des flots et la tempête qui gronde. Le festival de Göteborg propose une expérience singulière, qui a recueilli 12.000 candidatures selon nos confrères du Monde : passer une semaine en solitaire, en haut d’un phare (le «Pater Noster»), sur un îlot, pour visionner soixante films.

Le phare se situe dans le Cattégat, un espace maritime qui sépare le Danemark de la Suède, long de 340 kilomètres. Le spectateur solitaire fera office de cobaye pour le festival, commencé dans sa version numérique le 29 janvier et qui se finira le 8 février. «[Nous voulions] pousser à l’extrême le principe de la distanciation physique et voir comment l’expérience du cinéma en est affectée», détaille au Monde Jonas Holmberg, le directeur artistique de cet événement, le plus important du genre dans le nord de l’Europe.

Jonas Holmberg confie d’ailleurs que des «réalisateurs internationalement connus, des chefs de grandes institutions cinématographiques» et des cinéphiles ont déposé leur candidature. Au hasard, Robert Pattinson et Willem Dafoe ? Ou s’agit-il de Thierry Frémaux, venu préparer la prochaine édition du festival de Cannes ?

L’Exorciste à l’église

La bande-annonce signée John Boisen & Björn Fävremark donne le ton. Une jeune femme arrive seule dans un zodiac. On lit en bas de l’écran qu’il n’y aura «ni téléphone, ni amis, ni famille. Personne d’autre que vous». Avec des bruitages de films d’horreur. La lumière du phare s’éteint…. Heureusement, l’envers du décor effraie moins : Le Monde rapport qu’il y aura bel et bien un concierge sur l’îlot. À moins que ce ne soit lui, le danger ?

Il n’est pas certain que cette expérience trempée par les embruns aura de réelles retombées scientifiques sur le principe de distanciation physique. Mais les cinéphiles, qui ont l’esprit large, aiment pimenter leurs visionnages. C’est ainsi que des églises sont parfois réquisitionnées pour des films d’horreur. Ce fut le cas avec L’Exorciste à Strasbourg en 2018.

.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*