Avec son «HyperNuit», Radio France veut redonner vie à la musique et à un secteur sinistré


Benjamin Biolay, Juliette Armanet et Malik Djoudi… Une centaine d’artistes vont se succéder à partir de 21 heures le samedi 23 janvier pour six heures de live. Un concert géant au studio 104 qui répond à l’appel du collectif «etonremetleson» et sera diffusé simultanément sur France Inter, France Musique, France Bleu, Fip et le Mouv’.

Un concert géant comme Radio France n’en a jamais connu. Le projet semble pharaonique. Dans un communiqué publié mercredi soir, la Maison ronde annonce un live prévu pour le samedi 23 janvier, de 21h à 3h du matin, retransmis sur Fip, France Inter, France Musique, France Bleu et le Mouv’. En solos, en duos et même en trios, une petite centaine d’artistes se succéderont en direct du studio 104.

Au programme de cette «HyperNuit», des artistes qui ont déjà roulé leur bosse comme Benjamin Biolay, Sébastien Tellier ou le fulgurant Eddy de Pretto. Mais surtout des jeunes talents, aujourd’hui peu mis en avant sur la scène musicale. L’initiative s’inscrit dans la transition affichée par Radio France, dont le bâtiment vient d’ailleurs d’être rebaptisé «Maison de la radio et de la musique».

«On a besoin d’être ensemble»

À l’origine du projet, les chanteurs Malik Djoudi et Juliette Armanet, à la tête du collectif #etonremetleson. Ainsi que le directeur musical de Radio France, Didier Varrod, qui animera l’événement. Contacté par Le Figaro, ce dernier revient sur la genèse du projet : «Juliette et Malik m’ont appelé au secours. Ils m’ont dit : ”on a besoin d’être ensemble”. De là est partie l’idée d’une main tendue aux jeunes artistes», en créant un événement capable de les rassembler, «historique, car émis simultanément sur toutes les ondes», de la maison ronde (hormis France Info et France Culture).

L’ambition est de «faire sortir les gens de leur écran» au bénéfice d’une expérience radiophonique inédite, tout en favorisant l’émergence de collaborations entre les artistes invités. «J’espère un grand moment de partage, de musique et d’élan collectif», s’enthousiasme l’animateur.

Soutien à l’industrie musicale

Découpé en deux sessions, ce concert mettra à l’honneur la scène française jusqu’à 2h du matin, avant de passer la main à plusieurs DJ, dont Kiddy Smile. Il sera également ponctué de pastilles sonores, destinées à mettre en lumière les professions invisibles du «métier», secteur gravement touché par la crise sanitaire. «Cette soirée est aussi une mise en lumière de l’économie du métier», ajoute Varrod.

Si la plupart des artistes présents se produisent gratuitement, la question du cachet s’est posée : «Qui dit économie en souffrance, dit rétribution. S’affranchir du volet économique aurait été nié le problème actuel. Pour des questions sanitaires et logistiques, nous avons monté un unique groupe de musiciens, dirigé par Bastien Dorémus, dont les membres seront payés pour leur prestation.»

Financée, en partie, par le Centre national de la musique, l’initiative est une sorte de coup d’envoi pour la jeune institution, encore peu connue du grand public après un an d’existence. Une publicité bienvenue, d’autant que l’«HyperNuit» voit grand, très grand même, puisqu’elle espère rassembler «plus que deux Stades de France».

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