Christopher Nolan dénonce l’attitude (et la pingrerie) de Warner Bros et HBO Max


L’incompréhension des réalisateurs et acteurs du studio historique est totale devant la décision de sortir 17 films simultanément en salles et en streaming en 2021.

«Ils pensaient qu’ils travaillaient pour le plus grand studio de cinéma et se sont réveillés en découvrant qu’ils travaillaient pour le pire service de streaming.» Christopher Nolan est en colère et avec lui «certains des plus grands cinéastes de l’industrie et des plus grandes stars du cinéma». Dans une déclaration publiée par Hollywood Reporter, le réalisateur s’oppose à Warner qui a annoncé le 3 décembre la sortie simultanée en salles et sur les plateformes de streaming 17 de ses grosses productions de l’année 2021. Outré, le réalisateur et n’y est pas allé de main morte. Après 18 ans de collaboration, il accuse Warner Bros de démanteler «une incroyable machine pour faire sortir le travail d’un cinéaste partout, autant dans les cinémas que chez les gens», a-t-il confié à Hollywood Reporter.

De nombreux acteurs de l’industrie du cinéma américain ont très mal reçu l’annonce. Un agent qualifie de «grave erreur» la décision prise par Warner auprès d’Hollywood Reporter. Un autre juge que si Warner était le «studio par excellence, favorable aux talents et aux cinéastes», il n’était plus «ni le premier, ni le second ni même le troisième où vous souhaitez aller». Pour beaucoup, cette décision revient à sacrifier les profits énormes générés dans les salles à travers les déclinaisons des films en divers formats.

Les collaborateurs de Warner n’en démordent pas. Denis Villeneuve, le réalisateur de Dune, juge essentielle une sortie traditionnelle en salle de son film. Chu, le réalisateur de Crazy Rich Asians aurait refusé une offre importante de Netflix, en faveur de Warner, par attrait pour l’expérience des salles… Mis devant le fait accompli, les associés de la Warner reprochent surtout un manque criant de communication. La manœuvre est qualifiée d’opportune pour le studio, et le milieu du cinéma craint que le public ne s’habitue à découvrir les sorties à domicile. La survie des salles est dans tous les esprits, après une année 2020, marquée par leur fermeture, en raison de la crise sanitaire.

Des compensations attendues

La sortir de Wonder Woman 1984 simultanément en salles et sur HBO Max le 25 décembre a conduit le studio à compenser Gal Gadot et les acteurs clés du film à hauteur d’une dizaine de millions de dollars. Les partenaires des 17 films concernés par cette mesure, pour l’année 2021, seront-ils traités de la même façon ? Des agents proches de Warner ont confié à Hollywood Reporter que ce ne serait pas le cas. Mais en faisant un traitement à part pour les équipes de Wonder Woman, Warner entrouvre la porte à des négociations.

Un fonctionnement en vase-clos qui gêne

À ces questions s’ajoutent des soupçons de trafic d’influence. Le studio est accusé de vendre ses films à HBO Max, sa propre plateforme de streaming, dont le lancement a été jugé raté avec malgré ses 8 millions d’abonnés actifs. Combien Apple ou Netflix auraient-ils payé pour acquérir les droits sur leurs films ? Les partenaires de Warner ne le savent pas. Leurs avocats se tiendraient prêts à attaquer le studio en justice, d’après Hollywood Reporter. Warner aurait d’ores et déjà refusé un chèque de 225 millions de dollars venant de Netflix pour les droits de Godzilla vs. Kong, dont la sortie a été reprogrammée en mai 2021. Malgré un financement du film à hauteur de 75 %, la société de production Legendary a vu la vente bloquée par Warner sans pouvoir intervenir. L’annonce de la diffusion du film sur HBO Max, en 2021, a ensuite été faite sans que la société ne sache quel montant lui serait proposé. Avec un budget plus lourd encore, Dune connaîtra vraisemblablement le même traitement.

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