Eglantine Eméyé parfois épuisée face à son fils mutique : “Je passe ma vie à deviner, interpréter”


Eglantine Eméyé ne manque pas de courage. L’animatrice de France 3 a été plongée dans le milieu du handicap il y a maintenant quinze ans, lorsque son fils Samy est né. Ce dernier a fait un AVC lorsqu’il était bébé et a été déclaré autiste à l’âge de 1 an. Eglantine Eméyé a décidé de faire de son combat pour son bien-être, une force. Elle espère aujourd’hui pouvoir faire bouger les choses concernant la prise en charge des autistes en publiant des ouvrages. Récemment, elle a dévoilé Tous tes mots dans ma tête, qui représente “un dialogue imaginaire entre Samy et Mohammed”, un jeune réfugié irakien qui a vécu chez elle.

Il s’agit d’un livre très personnel puisqu’il souligne subtilement l’absence de communication entre elle et Samy, ce qui cause parfois quelques erreurs de compréhension. “Je passe ma vie à imaginer, deviner, interpréter. C’est une lecture permanente à la fois passionnante et épuisante. Un jour, je peux rentrer à la maison triomphante parce que je suis persuadée d’avoir compris que Samy faisait telle chose pour telle raison, et me rendre compte le lendemain que je me suis trompée“, a-t-elle confié pour Madame Figaro.

Un travail éreintant pour Eglantine Eméyé qui lui a tout de même permis de voir venir les crises de son fils ou au contraire ses moments de bonheur. “Désormais, je sais par exemple que lorsqu’il part en crise violente, j’ai deux options. D’abord lui donner un Doliprane pour apaiser une potentielle douleur qui expliquerait sa réaction, ensuite si ça n’agit pas, diminuer toutes les stimulations sensorielles parce qu’il essaie en réalité de me dire de façon plus violente qu’il n’en peut plus. Et puis au contraire, quand il fait du flapping (l’action de battre des mains ou des bras comme on bat des ailes, NDLR), je sais qu’il est très excité, que c’est un pur moment de joie pour lui“, a-t-elle expliqué.

Avec ce nouveau livre, la maman de 46 ans souhaite que le handicap soit mieux compris, dans une société où la peur prévaut. “La peur de la différence est prégnante et le handicap mental effraie encore plus. (…) Il est fondamental d’arrêter d’avoir peur, et le seul moyen de le faire est d’expliquer l’autre“, raconte-t-elle.

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