Une huile d’olive vieille de 2000 ans analysée par des historiens italiens


Il ne reste aujourd’hui qu’un peu moins d’un litre d’une huile d’olive (0,7l exactement) vieille de près de 2000 ans. Ce nectar chargé d’histoire était conservé dans sa bouteille de verre d’origine par le musée national d’archéologie de la ville de Naples. Il avait été trouvé par des chercheurs , probablement au XVIIIe, dans la cité antique d’Herculanum, qui comme Pompei, avait été détruite par l’éruption du Vésuve en l’an 79 de notre ère.

Il aura donc fallu trois siècles pour que le contenu de cette bouteille, miraculeusement restée intacte, intéresse le milieu scientifique. C’est sous l’impulsion du paléontologue italien Alberto Angela, spécialiste de l’histoire de la Rome antique, qu’une étude scientifique a été menée. Dirigée par le professeur Raffaelle Sacchi, rattachée au département d’agriculture de l’Université de Naples Frédéric II, en association avec le Conseil national de recherche, une série d’analyses chromatographiques, spectroscopiques et spectrométriques ont permis, dans un premier temps, de confirmer que l’huile d’olive d’Herculanum était «la plus ancienne jamais conservée».

Si les données scientifiques recueillies pourront peut-être faire avancer la recherche historique sur les conséquences de l’éruption du Vésuve en revanche les historiens de l’art culinaire seront certainement fort déçus.

L’huile d’olive, un art romain

Car malheureusement vingt siècles plus tard il ne restait qu’une quantité infinitésimale de molécules d’huile dans la bouteille. Selon les scientifiques, en effet, les triglycérides, constitutifs de 98% de l’huile, se sont «redivisés» en acides gras originels. Quant aux autres acides gras, dits insaturés, ils ont subi une forme d’oxydation, jusqu’ici jamais observés dans les processus d’altération naturelle de l’huile d’olive.

Les Romains prisaient avec force l’art de l’oléiculture, aussi bien l’art de sa conservation que de son extraction. L’huile d’olive servait aussi parfois de monnaie d’échange lors de trocs commerciaux tout autour de la Méditerranée, la fameuse Mare Nostrum. Il s’agit maintenant de savoir si cette étude de «l’huile d’Herculanum» permettra aux historiens de faire d’autres découvertes sur Rome et son destin millénaire. Le paléontologue italien, Alberto Angela, y croit dur comme fer.

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