Les Villes de papier de Dominique Fortier: l’ombre troublante d’Emily Dickinson


Un hommage sensible et personnel à l’étrange poète américaine.

Emily Dickinson (1830-1886).
Emily Dickinson (1830-1886). Rue des Archives/©Granger /Bridgeman images

Icône tardive de la littérature américaine, célébrée avec brio par Ted Hughes ou Joyce Carol Oates, inspiratrice éphémère de Christian Bobin (La Dame blanche), mise en musique par Ned Rorem et Aaron Copland, objet d’un culte qui l’a trop souvent réduite à quelques clichés ou poncifs, Emily Dickinson (1830-1886), auteur de 1 789 poèmes brefs, se voit cette fois-ci portraiturée dans son intimité par la Québécoise Dominique Fortier.

C’est donc une Dickinson vue de l’intérieur, dans le commun des jours, touchée par la grâce, voire foudroyée par la grâce poétique, et dans une tonalité mineure, qui réapparaît ici, à travers de brefs chapitres qui sont autant de saynètes couleur sépia et de vignettes, et toujours conjuguée au présent de l’indicatif.

« J’habite le Possible », disait celle qu’on a appelée « la nonne de la Nouvelle-Angleterre », « la recluse de Amherst », qui n’avait publié qu’une poignée de poèmes de son vivant

Les Villes de papier, manière d’essai biographique, c’est Emily dans la cuisine, Emily prise dans ses rêves, Emily écrivant à sa sœur cadette Lavinia, à qui elle déclarera: «L’éloignement fait la douceur des choses», Emily près du feu de cheminée, Emily

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 73% à
découvrir.

.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*