Un cas de Covid dans la troupe repousse encore la création du ballet Toulouse-Lautrec au Capitole


Répétitions annulées, création gelée… Voilà le Ballet du Capitole en quarantaine. Un de ses danseurs a été testé positif au Covid. De quoi porter un coup d’arrêt à la création de Toulouse-Lautrec, spectacle inspiré par le peintre et sa vie, sur une chorégraphie de Kader Belarbi et une musique de Bruno Coulais. Cinq dates étaient prévues du 4 au 8 novembre au Capitole ; elles sont toutes annulées. Le ballet sera créé à Albi les 13 et 14 novembre et reviendra à Toulouse la saison prochaine.

Pour Kader Belarbi, directeur du Ballet du Capitole, le coup est dur. Voilà plus de trois ans qu’il caresse l’idée de ramener Toulouse-Lautrec à Toulouse, puis dans sa ville natale d’Albi. Il a commandé la création musicale à Bruno Coulais qui a composé pour piano et accordéon, les instruments des cabarets de la Butte à l’époque où le peintre se consumait pour Jane Avril. On a vu au Théâtre des Champs-Élysées dans le cadre de Transcenfrance, soirée célébrant le redémarrage de la danse dans les grandes compagnies françaises, un très joli pas de deux entre «Monsieur Cloche-Pied» et sa belle. Le ballet habillé par Olivier Bériot, collaborateur de Luc Besson, et scénographié par Sylvie Olivé promettait de porter haut les couleurs du peintre.

Un ballet en quarantaine

Las. «Mardi au cours, un des danseurs est venu me dire qu’il était positif. On a aussitôt déclenché la procédure, explique Kader Belarbi. Même s’il était le seul positif et s’il avait une charge sérologique minime, l’ARS a décidé de mettre tout le ballet en quarantaine. Elle a estimé que le virus pouvait se transmettre ou s’être transmis pendant le cours, où le port du masque n’est pas obligatoire. Pendant les répétitions sur scène, tous les danseurs même les étoiles faisaient leurs variations avec le masque.» Voilà la compagnie à l’arrêt pour une semaine. Et les messages de soutien des danseurs n’y ont rien changé.

Dans un communiqué annonçant l’annulation, le théâtre ne cache pas son désarroi. «La pandémie frappe particulièrement notre activité, peut-on lire. En permanence, le Théâtre du Capitole fait tout pour ouvrir ses portes et accueillir [le public] en toute sécurité. Grâce aux protocoles en vigueur, nous avons pu ouvrir la saison avec Cosi fan tutte de Mozart. Le public nous a suivis et nous le remercions pour son soutien et sa fidélité. Hélas, nous n’avons pas pu mener à bien la création de Kader Belarbi.»

Il ne restait plus que huit minutes de création à écrire et nous étions déjà en scène. Pour qu’ils ne perdent pas la mémoire du déroulé, j’en ai envoyé un lien à chaque danseur. Mais quand arrive l’heure des répétitions au théâtre, le plus long ce sont les coutures, entre les scènes, les variations, les danseurs.

Kader Belarbi, directeur du Ballet du Capitole

Pour le chorégraphe-directeur, place maintenant à des nuits d’insomnie pour tenter de régler un jeu de casse-tête. Comment rattraper la semaine perdue? «Il ne restait plus que huit minutes de création à écrire et nous étions déjà en scène. Pour qu’ils ne perdent pas la mémoire du déroulé, j’en ai envoyé un lien à chaque danseur. Mais quand arrive l’heure des répétitions au théâtre, le plus long ce sont les coutures, entre les scènes, les variations, les danseurs, dit-il. Et puis j’ai aussi prévu des séquences d’ombres chinoises que je devais régler en scène et que je ne peux pas caler chez moi ou en studio.»

Kader Belarbi a pensé décaler au 7 et 8 novembre les représentations qui devaient débuter le 4. Mais les responsables des lumières et de la scénographie étaient déjà partis à ces dates, sur d’autres projets. Un temps encore, il a pensé trouver au mois de décembre des dates pour le danser à Toulouse. Peine perdue. La vie dans une maison d’opéra est réglée comme du papier à musique. Difficile d’y glisse de la souplesse, surtout quand le couvre-feu tend déjà les conditions de travail.

Toulouse-Lautrec au Capitole attendra l’année prochaine. Il sera en revanche donné à Albi les 13 et 14 novembre. Sa création, initialement prévue en mai, avait déjà été reportée une première fois pour cause de Covid. Elle l’est à nouveau. Ce qui ne condamne pas le ballet à une carrière avortée. Il a été conçu pour avec une scénographie assez souple pour être présentée au Capitole comme dans les théâtres nationaux. Gageons que c’est reculer pour mieux danser.

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