Les héritiers de Mondrian portent plainte pour récupérer quatre tableaux exposés en Allemagne


Mondrian aurait prêté huit tableaux datés de 1925-1926 au musée Kaiser Wilhelm de la ville de Krefeld, en Allemagne, sans qu’ils ne soient jamais restitués.

Deux ans après une première réclamation auprès du musée allemand, situé à 30 km au nord de Düsseldorf, les ayants droit ont déposé plainte, le 15 octobre 2020, devant le tribunal du district de Columbia.

«Les administrateurs [du McManus Holtzman Irrevocable Trust] ont d’abord tenté de résoudre ce litige à l’amiable», a déclaré leur représentant légal, le cabinet américain Herrick, Feinstein. Ils demandent la restitution des quatre tableaux, dont la valeur est estimée à 200 millions de dollars, et une indemnisation pour les quatre autres, qui auraient été vendues ou échangées par le musée dans les années 50.

Le Kunstmuseen Krefeld n’a pu fournir aucune preuve d’acquisition légale, mais ne compte pas restituer les tableaux représentatifs du «néoplasticisme» selon Mondrian. Sa justification ? Max Creutz, l’ancien directeur du musée, les aurait acquis à titre privé. Mais rien n’est clair dans cette affaire.

Une acquisition aux origines troubles

Les héritiers, eux, parlent d’un prêt au musée de Krefeld, dans le cadre d’une exposition d’art contemporain, en 1929, qui ne s’est finalement jamais tenue. Max Creutz meurt en 1932 et les nazis, arrivés au pouvoir, placent Mondrian dans la catégorie des artistes «dégénérés». Le peintre n’aura pu remettre la main sur ses tableaux avant sa mort, en 1944.

Le musée, spécialisé dans l’art d’après-guerre, aurait retrouvé les tableaux en 1947 avant de les inscrire, pour la première fois, dans son catalogue, en 1954. Seul héritier de Mondrian, l’artiste Harry Holtzman, décédé en 1987, n’avait pas été prévenu. C’est seulement en 2011 que les ayants droit – sa veuve et ses trois enfants – ont eu vent de l’existence des toiles.

S’il y a prescription, en vertu du droit allemand, selon la ville de Krefeld, les Américains invoquent la loi de 2016 sur la récupération des œuvres d’art expropriées de l’Holocauste. Et les dates jouent en leur faveur, puisque les tableaux ont été perdus entre 1933 et 1945.

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