Le Pakistan convoque l’envoyé français pour les propos islamistes de Macron


ISLAMABAD: le Pakistan a convoqué lundi l’ambassadeur de France pour se plaindre d’une “campagne islamophobe systématique” dans la nation européenne après Le président français Emmanuel Macron critiqué les islamistes et défendu la publication de caricatures religieuses.
Cette décision est intervenue alors que de petites manifestations éparses avaient lieu dans des villes du Pakistan et un jour après que le Premier ministre Imran Khan a accusé Macron d ‘”attaquer l’islam”.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zahid Hafeez Chaudhri, a déclaré à l’AFP que l’ambassadeur de France avait été convoqué “pour faire part des préoccupations du Pakistan sur (la) campagne islamophobe systématique sous le couvert de la liberté d’expression”.
L’ambassade de France en Islamabad n’a pas immédiatement commenté.
Macron s’est prononcé la semaine dernière après qu’un extrémiste tchétchène a décapité un professeur de français près de Paris après avoir montré des caricatures du prophète Mahomet lors d’un cours qu’il dirigeait sur la liberté d’expression.
Macron a déclaré que le professeur “a été tué parce que les islamistes veulent notre avenir”.
Ce commentaire a aggravé la controverse antérieure après que le Premier ministre français eut déclaré ce mois-ci que “l’islam est une religion en crise dans le monde entier”.
L’enseignant est devenu la cible d’une campagne de haine en ligne sur son choix de matériel de cours – les mêmes images qui ont déclenché une attaque sanglante par des hommes armés islamistes contre les bureaux du magazine satirique Charlie Hebdo, l’éditeur original, en janvier 2015.
Les caricatures de Mahomet sont interdites par l’islam et le blasphème est un problème explosif dans le Pakistan ultra-conservateur, où quiconque est réputé avoir insulté l’islam ou des personnalités islamiques peut être condamné à la peine de mort.
Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées dans les villes pakistanaises lundi, notamment à Quetta et Peshawar, où les manifestants ont exigé un boycott des produits français et les chefs religieux ont appelé à des manifestations plus importantes vendredi.
Dans la ville orientale de Lahore, des manifestants ont incendié le drapeau tricolore de la France.
Le mois dernier, un homme né au Pakistan a admis avoir poignardé deux personnes devant les anciens bureaux parisiens de Charlie Hebdo. Selon les enquêteurs, il avait voulu venger la republication des caricatures par le magazine.
Khan, un leader populiste connu pour jouer avec la base religieuse dure du Pakistan, a écrit au PDG de Facebook Mark Zuckerberg dimanche, demandant au géant des médias sociaux de supprimer les contenus islamophobes.
Un représentant de Facebook a déclaré dans un communiqué que l’entreprise était contre “toutes les formes de haine, y compris la haine visant la communauté musulmane”.

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