Famille, je vous hais


Avec «Avant la retraite», la pièce de Thomas Bernhard, Alain Françon brosse le portrait d’une fratrie effrayante.

Catherine Hiegel, Noémie Lvovsky et André Marcon dans Avant la retraite.
Catherine Hiegel, Noémie Lvovsky et André Marcon dans Avant la retraite. Jean-Louis FERNANDEZ

Dans une ville de RFA, Vera (Catherine Hiegel) repasse la robe de président du tribunal de son frère Rudolf (André Marcon), pendant que sa sœur Clara (la débutante Noémie Lvovsky), immobilisée sur un fauteuil, reprise ses chaussettes où lit les journaux. Les échanges entre elles sont acerbes. Elles se haïssent. Se le répètent à l’envi. Il y a des envies de meurtres dans ce huis clos destructeur qui se déroule «avant la retraite» du protagoniste principal, titre du drame de Thomas Bernhard. C’est le 7 octobre, elles attendent – enfin, surtout Vera, qui est aussi sa maîtresse – Rudolf, qui regrette le bon vieux temps du nazisme et veut célébrer comme chaque année l’anniversaire de Heinrich Himmler, son idole et compagnon des jours «heureux».

Alain Françon met en scène avec la rigueur qui s’impose la pièce de l’auteur autrichien, comme dans un jeu de quilles qui serait destiné à faire tomber des êtres humains. C’est violent, mais ça ne fait pas de bruit. Créée à Stuttgart en 1979, elle résonne

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