​Servette Genève-Reims – Gaël Ondoua, à la conquête de l’Europe


Arrivé en Russie à l’âge de neuf ans, le Camerounais a posé ses valises au Servette FC l’été dernier. Il sera l’un des principaux dangers pour Reims.

Il n’aura eu besoin que d’une saison pour se faire une place de choix au sein de l’effectif du Servette Genève. Recruté à l’été 2019 par le club suisse, Gaël Ondoua est désigné meilleur milieu de terrain de la décennie par les supporters du club un an plus tard, dans la foulée d’une quatrième place synonyme de qualification européenne. “On ne va pas se mentir, c’est toujours bon de savoir que ce que tu fais sur un terrain de football ne passe pas inaperçu”, réagit l’intéressé au moment d’évoquer cette distinction. Une belle reconnaissance pour celui qui débarquait en Russie depuis le Cameroun dès le plus jeune âge, avant d’y faire “toutes [s]es classes”.

Du froid russe aux bords du lac Léman

Je suis arrivé à neuf ans en Russie, c’est le pays qui m’a rendu homme. Ce n’était pas facile de s’adapter”, détaille le natif de Yaoundé, qui suit alors son père, parti travailler à l’ambassade à Moscou. Le plus gros bouleversement à gérer ? “Le changement climatique”. Malgré tout, Gaël Ondoua s’accroche et finit par intégrer le centre de formation du Lokomotiv Moscou dès l’âge de dix ans. “J’habitais à l’internat, avec les autres jeunes de l’académie”, se souvient-il aujourd’hui.

C’est finalement du côté du CSKA Moscou qu’il fait ses débuts en professionnel, avant d’entamer un tour qui le mènera au Danemark et en Ukraine notamment, avant un retour en Russie et à l’Anzhi Makhachkala. Avant de poser ses valises à Genève, “le bon projet sportif selon [lui]”. Autant d’expériences dont il se sert aujourd’hui comme d’une force du haut de ses 24 ans. “J’en garde de la persévérance, de la détermination. Dans les moments difficiles je n’ai pas lâché, cela m’a formé, assure-t-il. J’en connais beaucoup qui ont arrêté. Moi j’étais tout seul et je me battais. Tout ce qui s’est passé, c’est arrivé pour un bien.”

Gaël Ondoua - Servette FC

Désormais bien installé dans l’équipe d’Alain Geiger, Ondoua “préfère laisser les autres [le] décrire” dès qu’il s’agit d’évoquer son style de jeu. Mais livre tout de même quelques éléments sur son rôle de sentinelle dans le club helvète. “Je me décrirais comme un joueur au service de l’équipe, qui aime avoir la balle, jouer dur aussi. J’essaie d’être celui qui peut apporter toujours un plus, notamment à la récupération du ballon.” Un milieu de terrain moderne en somme, capable de ratisser les ballons et de (bien) faire jouer ses coéquipiers autour de lui. Tout en étant décisif, en attestent ses deux buts et trois passes décisives durant son premier exercice genevois, avant une nouvelle offrande au premier tour préliminaire contre Ruzomberok.

“Reims ? On aborde cette rencontre dans une sérénité totale”

Une première saison qui l’a vu construire une relation particulière avec les supporters, toujours à ses côtés lors de sa blessure à la malléole après seulement deux matches. “On peut dire que j’ai un rapport particulier avec les supporters. Dès le premier match, j’ai voulu montrer que j’étais venu pour apporter ma pierre à l’édifice. Pendant ma blessure, les fans n’ont jamais cessé de m’écrire. J’ai rencontré une famille”, s’enthousiasme celui qui représentera l’un des principaux dangers à surveiller pour Reims.

Un deuxième tour préliminaire que l’intéressé appréhende avec ambition. “On aborde cette rencontre dans une sérénité totale. On sait que ce n’est pas donné contre le sixième de Ligue 1, c’est une équipe qui mérite le respect, estime-t-il à propos du groupe de David Guion. On essaie de les étudier à la vidéo. On a un coéquipier, Grejohn Kyei , qui y a joué et qui essaie de nous renseigner. Ça reste un match 50-50. Il faudra aller le chercher.” Avec un objectif : se donner l’opportunité de disputer une Coupe d’Europe pour la première fois de sa carrière même si au Lokomotiv Moscou et au CSKA il figurait dans le groupe qui a participé à l’Europa League et la Champions League. “En tant que jeune joueur, c’est toujours un plus quand tu as cette chance-là, il faut en profiter au maximum, assure-t-il. Être là, ça veut dire qu’on a travaillé toute la saison dernière donc il faut tout donner.”

Une occasion à saisir pour poursuivre sa progression, lui qui espère un jour évoluer dans une ligue majeure. “Mon objectif personnel c’est de pousser le bouchon toujours plus loin. J’espère jouer dans les meilleurs championnats, être reconnu comme l’un des meilleurs joueurs à ce poste”, lance encore Gaël Ondoua. Un rêve de longue date. “La Premier League, c’est le championnat par excellence. Mais j’ai une préférence pour la Bundesliga, qui m’a toujours attiré depuis le plus jeune âge. La Ligue 1 fait partie des cinq meilleurs championnats, et jouer dans un championnat du top 5 ce serait toujours bon pour moi”, conclut-il. L’heure est peut-être venue de concrétiser ce rêve.

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