Jean-Paul Rouve rend hommage à Annie Cordy, sa «grand-mère» de cœur


Parmi la litanie d’hommages rendus à Annie Cordy, décédée vendredi à 92 ans, celui-ci est particulièrement poignant. Dans Le Journal du Dimanche , le comédien Jean-Paul Rouve évoque la «relation de grand-mère à petit-fils» s’étant nouée entre l’interprète de Tata Yoyo et lui. Leur rencontre remonte à 2014, lorsque l’ex-Robin des Bois décide d’adapter au cinéma Les Souvenirs, un roman de David Foenkinos.

«J’avais tout de suite pensé à Annie, se souvient le réalisateur. Elle était une grande tragédienne parce qu’elle était une grande comique, justement. L’inverse n’est pas toujours possible». D’abord décrié, ce choix de casting finit par faire l’unanimité. «Au début du tournage, tout le monde était étonné de mon choix, explique Jean-Paul Rouve. Une fois celui-ci terminé, ils étaient tous impressionnés par la prestation d’Annie. Mais je n’ai pas fait grand-chose, je ne l’ai pas dirigée. Annie était une actrice tellement instinctive».

Jean-Paul Rouve avait toutefois dû redoubler d’efforts pour canaliser l’énergie de son actrice, alors âgée de 86 ans. «Annie, à ton âge, on ne marche pas si vite, ça n’existe pas, donc tu ralentis», lui disait le réalisateur, ce à quoi Annie Cordy lui répondait invariablement : «Ah non, moi, je ne ralentis pas !»

Annie Cordy avait un respect du public hallucinant

Jean-Paul Rouve

«Elle était dans une telle forme, elle faisait les heures sup sans se faire prier, sans jamais manifester le moindre caprice de star», raconte Jean-Paul Rouve. En parallèle du tournage, Annie Cordy tenait à donner des galas partout en France. Selon le réalisateur, «c’était sa vocation, plus que le cinéma. On avait dû adapter le plan de travail en fonction de ses dates de tournée. Impossible pour elle de les annuler pour un film. Elle avait un respect du public hallucinant».

La comédienne, qui avait tenu à jouer sa propre mort dans le film, sans recourir à une doublure, était d’une grande pudeur quant à sa vie personnelle. «Elle parlait très peu de sa vie, de ses failles et de ses fragilités… Elle m’avait confié qu’elle aurait aimé poursuivre ses études, qu’elle regrettait de n’avoir jamais eu d’enfant, mais sans jamais s’appesantir, toujours avec une pirouette, se remémore Jean-Paul Rouve. Elle me disait toujours : Je suis là pour amuser les gens, je ne vais pas les emmerder avec ma vie.»

Jean-Paul Rouve et sa grand-mère de cœur étaient encore en contact ces derniers temps. «Elle était affaiblie, forcément, à 92 ans, mais elle avait bon pied bon œil», explique le comédien, selon qui Annie Cordy ne souffrait pas de l’indifférence voire du mépris d’une certaine élite. «Elle était très fière de sa carrière et me disait souvent : Quand je vais mourir, on se souviendra de Tata Yoyo, et c’est très bien comme ça.»

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