Au Festival du film d’Angoulême, Jean Castex veut redonner des couleurs au cinéma français


De notre envoyée spéciale à Angoulême

Dès 17 heures 15, une file d’attente se forme devant le Théâtre d’Angoulême pour assister à la cérémonie d’ouverture du treizième festival du film francophone d’Angoulême (FFA). Jean Castex est attendu à 19 heures. La rue a été fermée à la circulation, une dizaine de fourgons de la gendarmerie et des voitures de police sont stationnées à deux pas.

Une fois identifié, la fouille du sac effectuée et les mains désinfectées, on peut entrer et occuper l’une des «438 places Covid» contre les 720 attribuées en temps normal. «Le cinéma n’est pas mort, la preuve on a une nouvelle salle, l’Éperon », signalait Dominique Besnehard, l’un des deux délégués généraux et fondateurs de cette manifestation avec Marie-France Brière. « Merci de venir parler de choses importantes qui intéressent toute la profession », a soufflé la petite dame en noir en ouvrant cette manifestation pour laquelle les stars ont répondu présent. Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Virginie Efira et Kad Merad vont faire le déplacement pour présenter leur film.

Les intervenants retiraient leur masque pour s’exprimer sur la scène et respectaient bien sûr les règles de distanciation. « On n’avait pas encore reçu de premier ministre (…). Il y a eu l’appel du 18 juin, il y aura le discours du premier ministre à Angoulême ! », a plaisanté l’ex agent des stars. Rires dans la salle où se trouvaient entre autres Vincent Dedienne, présent dans quatre films de la programmation, Patrick Timsit et l’équipe d’Effacer l’historique, le film de Kervern-Delépine qui ouvrait le FFA.

« Je voulais parler des intermittents du spectacle, je n’enlève pas mon masque, j’ai peur d’être reconnu… J’ai un pote qui est avec un intermittent qui ressemble à Jean Castex… », a plaisanté Benoît Delépine également président avec son comparse grolandais de cette édition. L’arrivée du premier ministre a été précédée par une armée de photographes, d’officiels et de quelques applaudissements. Il était entouré de Jean-Baptiste Lemoyne, ministre de la Francophonie et de Roselyne Bachelot. « Qu’est-ce que fait Anne Hidalgo ici ? » s’est étonnée une spectatrice. Bonne question.

Seul Jean Castex s’est exprimé. Proposant de relever plusieurs défis : «Redonner le goût des salles de cinéma au jeune public, renforcer notre souveraineté culturelle, les diffuseurs de contenus ont des obligations de financement », a-t-il rappelé et le soutien à la création en dotant les entreprises culturelles des « moyens nécessaires ».

Jean Castex en a profité pour annoncer que le CNC (centre national du cinéma) recevrait 165 millions d’euros. « En investissant dans le cinéma, l’État investit dans le rayonnement culturel », a assuré le premier ministre qui présentera la « prochaine semaine » d’autres mesures pour son plan de relance. « La culture bénéficiera de 2 milliards d’Euros, c’est plus du double que ce qui lui habituellement consacré », a précisé Jean Castex qui attend encore des propositions de son « excellente » ministre de la Culture. « Nous devons nous battre, collectivités, État, élus et professionnels pour que les salles retrouvent leur fréquentation d’avant-crise voire, la voient augmenter… Je suis venu vous dire que l’État continuera à soutenir et à accompagner le cinéma. » Il a eu droit à des applaudissements plus nourris.

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