Dans un jardin qu’on dirait éternel, Effacer l’historique, Tenet… Les films à voir ou à éviter cette semaine


À voir

Effacer l’historique , comédie de Gustave Kervern et Benoît Delépine, 1h46

Dans un lotissement en province, trois voisins sont en prise avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. Il y a Marie, victime de chantage à la sextape, Bertrand, dont la fille est harcelée au lycée, et Christine, chauffeur VTC dépitée de voir que les notes de ses clients refusent de décoller. Ensemble, ils décident de partir en guerre contre les géants d’internet. Une bataille perdue d’avance, quoique… À leur habitude, Kervern et Delépine, les deux trublions du cinéma français, offrent des rôles qui semblent taillés sur mesure pour les acteurs. Devant leur caméra se sont déjà illustrés Gérard Depardieu (Mammuth), Jean Dujardin (I Feel Good) ou encore Yolande Moreau (Louise-Michel). Cette fois, Denis Podalydès, de la Comédie-Française, Corinne Masiero, auréolée du succès de la série de France 3 Capitaine Marleau, et Blanche Gardin, l’humoriste aux deux Molières, se sont pris au jeu. Ils se sont visiblement beaucoup amusés et, au demeurant, amusent le spectateur, qui appréciera des familiers de Kervern-Delépine : Benoît Poelvoorde, Michel Houellebecq ou Vincent Dedienne dans une plantation de tomates bio. Le film a reçu un Ours d’argent spécial à la 70e Berlinale. Tout est dans le «spécial»…

Tenet , film d’action de Christopher Nolan, 2h30

Christopher Nolan refait le coup d’Inception. Cette fois, il n’est pas question de rêves emboîtés, mais de temps inversé. Le héros, interprété par John David Washington, en a après un méchant oligarque russe. Son but est de déclencher l’apocalypse. Cela lui demandera deux heures et demie. Comme quoi, Nolan n’a pas maîtrisé complètement le concept de son histoire. Sur l’écran, les images s’agitent comme dans un shaker insensé. Un Robert Pattinson peroxydé s’intéresse à la physique. La B.O. est tambourinante. La caméra danse le jerk. Le metteur en scène multiplie les dialogues au cas où l’on se perdrait en route. Un bon 007. C’est toujours ça.

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Dans un jardin qu’on dirait éternel , comédie dramatique de Tatsushi Ōmori, 1h40

À Yokohama, la vingtaine, Noriko (Haru Kuroki) et sa cousine Michiko (Mikako Tabe) se cherchent encore. Après une suggestion familiale, elles décident d’apprendre l’art du thé. Les cours de Madame Takeda (Kirin Kiki) infusent sur leur personnalité. Au fil des heures, puis des jours d’apprentissage intensif, les jeunes femmes comprennent que « patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ». Haru Kuroki et Mikako Tabe apportent une douceur angélique à leur personnage. Main ferme dans un gant de velours, en Maître Takeda, Kirin Kiki, disparue en 2018, est toujours aussi juste. Tatsushi Omori prend le temps d’observer ses personnages, fait l’éloge de la lenteur comme un artisan pratique l’amour du travail bien fait. Philosophe, le réalisateur s’appuie sur la cérémonie traditionnelle du thé pour dessiner deux jeunes femmes que tout paraît opposer mais qui resteront unies.

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On peut voir

Petit pays , drame d’Eric Barbier, 1h53

Avec Petit Pays, publié en 2016, le chanteur franco-rwandais Gaël Faye remporte un succès critique et public retentissant. Difficile de rester insensible à ce récit autobiographique qui raconte le génocide au Rwanda à travers les yeux du fils d’une Tutsie depuis le Burundi voisin. L’adaptation d’Éric Barbier est fidèle au livre mais un peu trop illustrative. Dans le rôle du père, un Jean-Paul Rouve sans perruque peine à faire oublier Jeff Tuche.

Citoyens du monde , comédie dramatique de Gianni Di Gregorio, 1h31

La retraite, c’est long et c’est cher. C’est ce que se disent trois septuagénaires romains qui envisagent d’aller couler leurs vieux jours aux Açores sans se ruiner. Ce brave petit film et pas très nerveux suit ses personnages à la paresseuse, montre un pays généreux et bon enfant. Tout le monde il est âgé, tout le monde il est gentil.

Spycies , film d’animation de Guillaume Ivernel, 1h30

Vladimir est le meilleur agent secret de l’«Agence», conscient de sa valeur et amoureux des frissons, il a tendance à ignorer les ordres et à ne suivre que ses instincts. Le voici puni par sa hiérarchie, exilé à la sécurité d’une plateforme maritime offshore secret-défense où il va rencontrer Hector, un espion informaticien accroc aux télénovelas. Coproduction franco-chinoise, Spycies peut se targuer d’une animation de très bonne qualité. Malheureusement, l’absence de double lecture rendra le film longuet pour les parents accompagnants leurs progénitures, tandis que les dialogues souvent assez plats ne sont pas aidés par le doublage très inégal. Spycies permet néanmoins d’éveiller les consciences des plus jeunes à la problématique environnementale tout en leur offrant un divertissement visuellement très agréable.

À voir aussi

Pompei , drame de John Shank et Anna Falguères, 1h30

Dans une région désertée, Victor et son petit frère Jimmy sont livrés à eux-mêmes. Dans la chaleur de l’été, ils tuent le temps comme ils peuvent avec d’autres jeunes de leur âge.
Ils forment une bande soudée qui s’est inventé ses propres codes. Mais quand Billie, une jeune fille révoltée, entre dans la vie de Victor, l’équilibre du groupe va peu à peu se rompre et la vie de Jimmy radicalement changer.

Madame , documentaire de Stéphane Riethauser, 1h34

Saga familiale basée sur des images d’archives privées qui s’étalent sur trois générations, Madame crée un dialogue entre Caroline, une grand-mère au caractère flamboyant, et son petit-fils cinéaste Stéphane, lors duquel les tabous de la sexualité et du genre sont remis en question dans un monde patriarcal a priori hostile à la différence.

Une barque sur l’océan , drame d’Arnold de Parscau, 1h35

Eka est un jeune Balinais de 25 ans vivant dans un petit village perdu au nord de Bali. Par amour pour Margaux, belle étudiante en piano expatriée sur l’île avec sa famille française dans une luxueuse villa, Eka décide d’apprendre à composer de la musique. Le jeune homme va se laisser envoûter par ce monde artistique qu’il cherche à conquérir, lui faisant espérer une nouvelle vie loin de la pauvreté et de la dureté de son milieu. Mais sa chute sera à la mesure de son ascension vers le succès : vertigineuse et tragique.

Grand frère , drame de Liang Ming, 1h44

Gu Xi est sur le point de perdre son emploi à cause de problèmes de papiers d’identité. Tout en utilisant ses relations pour obtenir des papiers en règle,elle fait également face à un autre défi : s’entendre avec la nouvelle petite amie de son frère, Qingchang. Alors que l’hiver s’installe et que les températures plongent, la relation entre Gu Xi, son frère Gu Liang et sa petite amie devient de plus en plus floue…

Irréversible – Inversion intégrale , drame de Gaspar Noé, 1h26

Une jeune femme, Alex, se fait violer par un inconnu dans un tunnel. Son compagnon Marcus et son ex-petit ami Pierre décident de faire justice eux-mêmes. Le film a été remonté de manière chronologique, ce que Noé a décidé de nommer une «inversion intégrale».

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