Leclerc enquête, l’ancêtre de Navarro et Columbo


Si le commissaire Bourrel et ses Cinq dernières minutes sont encore présents dans la mémoire collective, l’inspecteur Leclerc, son confrère du début des années 60 , mérite d’être connu, voire reconnu. Navarro, Moulin et quelques autres doivent beaucoup à Leclerc enquête.

En 1962 et 1963, ce policier a mené ses filatures, cigarette au bec. Aujourd’hui, le CSA interdirait ces scènes qui, en leur temps, ont fait un tabac. Les 39 épisodes de 26 minutes, diffusés le dimanche après-midi, sur l’unique chaîne de télévision en noir et blanc, ont pour tête d’affiche, un comédien encore peu connu du grand public, Philippe Nicaud. Il a débuté, à 19 ans, au lendemain de la guerre, et a beaucoup travaillé pour le cinéma. Multipliant les seconds rôles, il a donné la réplique, à l’écran, à Bourvil, Louis de Funès, Jean Marais , Jeanne Moreau et Brigitte Bardot. Grâce à cette série, il devient, du jour au lendemain, l’une des premières vedettes populaires du petit écran .

Jusqu’à sa disparition, en 2009, en dépit de ses apparitions à la télévision dans «Au théâtre ce soir», son image va demeurer liée à cet inspecteur principal aussi séduisant que séducteur, dont le charme n’a d’égal que la finesse de sa perspicacité . Son sens de la déduction n’a rien à envier à celui d’Hercule Poirot, et il y a chez lui , un côté Columbo, avec dix ans d’avance, lorsqu’il murmure d’une voix douce : «dans ce que vous me dites, monsieur il y a une chose qui me chiffonne…».

L’une des caractéristiques principales de cette série, c’est le grand nombre de scénaristes et de réalisateurs qui y ont contribué. Ce qui est également une première dans l’histoire des médias. Dans cette longue liste figurent des débutants qui, dans les décennies suivantes, vont marquer l’histoire du petit écran : Marcel Bluwal, Yannick Andréi, Claude Barma, Pierre Badel, Robert Thomas et quelques autres. Grâce à leur sens du rythme des dialogues et de l’image, Leclerc enquête n’a pas pris une ride. On y retrouve des formules dignes des grands films français des années 1950, devenus des classiques.

«Dans la police il n’y a que le progrès qu’on n’arrête pas», lance Leclerc à Robert Dalban, qui figure en bonne place dans un générique où se bousculent, au fil des semaines, de jeunes talents. Ils s’appellent Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle, Marcel Bozzufi, Françoise Fabian, Mireille Darc et Dany Saval . Dans le premier épisode, intitulé Le prix du silence, elle incarne la «cousine de province» de l’inspecteur.

Le 25 décembre 1963, à l’occasion d’une soirée spéciale, Leclerc partage avec son collègue Bourrel l’interrogatoire de 11 charmantes danseuses à la tenue particulièrement affriolante. Intitulé Les inspecteurs s’en vont au bagne, cette parodie imaginée par Pierre Tchernia est un cadeau de Noël aux téléspectateurs, mais aussi à Philippe Nicaud, pour le remercier d’avoir, pendant deux ans, contribué à une grille de programmes en envoyant des coupables derrière les barreaux…

Retrouvez ici l’intégralité de Leclerc enquête. Abonnement gratuit sur Madelen deux mois, puis 2,99 euros par mois.

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