Mawla le ‘Destroyer’, nouveau chef brutal du groupe IS


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PARIS: Avec des surnoms aussi divergents que le «professeur» et le «destructeur», le nouveau chef du groupe État islamique a la réputation de brutalité, mais reste par ailleurs largement une énigme.
Amir Mohammed Said Abd al-Rahman al-Mawla remplacé Abu Bakr al-Baghdadi après sa mort lors d’un raid des forces spéciales américaines en octobre dernier.
Mawla a été initialement présenté au monde par l’État islamique (EI) sous le nom d’Abu Ibrahim al-Hashimi al-Qurashi – un homme sur lequel l’Amérique et l’Irak avaient peu d’intelligence.
Les responsables américains en sont venus plus tard à croire qu’al-Qurashi était le nom de guerre de Mawla, le reconnaissant en mars comme le nouveau chef de l’EI.
Le Département d’État l’a immédiatement placé sur sa liste de «Terroristes mondiaux spécialement désignés», déclenchant une quête pour en savoir plus sur l’homme le plus recherché qui a maintenant une prime de 10 millions de dollars sur la tête.
Une chose sur laquelle tout le monde semble d’accord est la nature brutale de Mawla.
Il est probablement surtout connu pour avoir joué « un rôle majeur dans la campagne jihadiste de liquidation de la minorité yézidie (d’Irak) par massacres, expulsions et esclavage sexuel», selon Jean-Pierre Filiu, analyste du djihadisme à la Sciences Po université à Paris.
Le nouveau dirigeant de l’EI est né, probablement en 1976, dans la ville de Tal Afar, à environ 70 kilomètres (40 miles) de Mossoul.
Il est né dans une famille turkmène, ce qui fait de lui un rare non-arabe à gravir les échelons de l’EI, qui à son apogée dirigeait de vastes régions de l’Irak et de la Syrie et attirait des volontaires de l’Occident.
Ses origines ethniques ont incité le Les Nations Unies de prédire dans un rapport de janvier qu’il pourrait être un « choix temporaire jusqu’à ce que le groupe trouve un ‘émir’ plus légitime, un descendant direct de la tribu Quraysh Hashemite qui pourrait donc commander le plein soutien des provinces éloignées. »
Juriste de la charia
Mawla est diplômée du Collège des sciences islamiques de Mossoul.
Ancien officier de l’armée de Saddam Hussein, il a rejoint les rangs d’Al-Qaïda après l’invasion américaine de l’Irak et la capture de Hussein en 2003, selon le projet contre l’extrémisme (CEP) think-tank.
Il a assumé le rôle de commissaire religieux et de juriste général de la charia pour al-Qaïda.
En 2004, Mawla a été détenu par les forces américaines à la prison de Camp Bucca dans le sud de l’Irak, où il a rencontré Baghdadi.
Les deux hommes ont ensuite été libérés et Mawla est resté aux côtés de Baghdadi alors qu’il prenait les rênes de la branche irakienne d’Al-Qaïda en 2010, puis a fait défection pour créer l’État islamique d’Irak (ISI), plus tard l’État islamique d’Irak et de Syrie ( ISIS), également connu sous le nom de État islamique d’Irak et du Levant (ISIL).
En 2014, selon le CEP, Mawla a accueilli Baghdadi à Mossoul « avant de quitter al-Qaïda et a promis allégeance et soutien total à la mission des radicaux, fournissant à l’EI le soutien pour prendre rapidement le contrôle de la ville ».
Selon un profil établi par le CEP, Mawla « s’est rapidement établi parmi les hauts gradés de l’insurrection, et a été surnommé le » professeur « et le » destructeur «  ».
Il était très respecté parmi les membres de l’EI en tant que « décideur politique brutal » et était responsable de « l’élimination de ceux qui s’opposaient au leadership de Baghdadi », selon le communiqué.
En bas mais pas en dehors
Les analystes pensent que Mawla cherchera maintenant à prouver qu’il est son propre homme en tentant de redémarrer une organisation affaiblie par des années d’assauts dirigés par les États-Unis et la perte de son «califat» autoproclamé en Syrie l’année dernière.
Et il peut choisir d’agir maintenant que les États-Unis retirent leurs troupes de Syrie.
Dans un présage de choses à venir, les combattants de l’EI ont mené une attaque tous les trois jours en moyenne en Syrie ces derniers mois, selon le basé à Washington. Centre pour la politique mondiale (CGP).
Hisham Al-Hashimi, un spécialiste basé à Bagdad sur le mouvement extrémiste qui a été assassiné à Bagdad ce mois-ci, a récemment estimé les revenus mensuels du groupe en Irak provenant des investissements et des impôts qu’il collecte à quelque 7 millions de dollars.
« Malgré ses graves pertes de territoire et d’effectifs, il reste solvable, créatif, meurtrier et une fois de plus assez confiant pour menacer ceux qui violent ses principes », analyste du CGP Abdullah Al-Ghadhawi a écrit.
Cela signifie que Mawla a à la fois la motivation et les moyens de s’affirmer.
«Il y a des plaintes à son sujet sur le terrain, il y a encore des questions sur le type d’organisation qu’il dirigera, à quel point il sera compétent en tant que leader, dans quelle mesure il réussira à reconstituer un califat, à quel point il sera inspirant. Je le serai », a déclaré à l’AFP Seth Jones du Center for Strategic and International Studies de Washington.
« Il va y avoir beaucoup de défis, pour inspirer le terrain mais aussi éviter d’être tué comme Baghdadi », a déclaré Jones.
« S’il réussit et recrée un califat, si les États-Unis retirent leurs forces, s’ils sont capables de capitaliser dans d’autres pays, cela pourrait contribuer grandement à réduire les inquiétudes concernant son passé », a-t-il averti.
Alors que la position affaiblie du groupe rend improbable une frappe majeure telle que l’assaut djihadiste de 2015 contre Paris pour le moment, les responsables ne devraient pas exclure des attaques plus petites, moins dévastatrices mais symboliques contre l’Occident, a ajouté Jones.

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