Inspiré par Victor Hugo, Didier Barbelivien écrit un pamphlet contre le gouvernement


«Bon appétit messieurs, ô ministres intègres/ Qui confinez la France comme on fait du vinaigre…» Reclus à Paris, attristé par la mort de son Christophe pour qui il avait écrit Les Mots bleus , Didier Barbelivien a passé le temps et ses nerfs en adaptant très librement à la crise sanitaire que nous vivons, la fameuse tirade de Ruy Blas de Victor Hugo.

La stance hugolienne, remise au goût du jour, ne vise plus les ministres corrompus du royaume d’Espagne, mais les gouvernants actuels. Barbelivien, usant des alexandrins comme il se doit, n’hésite pas à dénoncer leur impéritie: «Nous on manque de masque mais pas vous quand j’y songe/Qui avancez fièrement sous celui du mensonge…»

Surpris par le ton amer de l’auteur aux mille chansons, plus souvent guidé par l’amour que par la politique, Le Figaro lui a demandé comment lui était venue l’idée de ce pamphlet. La réponse de cet «animal social confiné», selon sa propre définition, ne s’est pas fait attendre: «J’ai entendu le président dire à six reprises: “C’est la guerre!”. Soit, alors faisons-la. Comme Staline il aurait dû compter ses divisions, c’est-à-dire, ici, les lits, les masques et tout ce qui est utile aux soins. Et enfin mobiliser les entreprises capables de réagir. Faire la guerre, c’est ça. Ce n’est pas changer d’avis au gré de je ne sais quoi.»

Le génie de Victor Hugo et de Louis de Funès

Une fois l’éructation initiale passée, Barbelivien s’est aussitôt mis à sa table de travail pour coucher sur le papier ses sentiments de citoyen «possiblement contagieux». C’est en regardant La Folie des Grandeurs de Gérard Oury avec ses deux filles, que la tirade de Ruy Blas lui est soudainement revenue à l’esprit: «Tout était là: le génie de Louis de Funès, le talent de scénariste de Gérard Oury et de Danièle Thompson, l’œil aigu de Victor Hugo qui même pastiché à l’extrême ne perd absolument rien de son acuité. Avec ça, j’avais la matière pour écrit ce pamphlet ouvert aux gouvernants

Je n’ai pas pour habitude de jouer la polémique/Moi dont la profession est paroles et musique/Mais devant tant d’errances et tant de comédie/Je tire ma révérence pas encore con fini

Didier Barbelivien, auteur et compositeur

Le faiseur de chansons, dans ce confinement forcé qui semble lui peser, n’a pourtant pas perdu toute sa lucidité, et le recul nécessaire à l’observateur pointu des choses de la vie qu’il est. La dernière strophe de sa tirade, montre qu’il n’a pas encore perdu tout sens de l’humour: «Je n’ai pas pour habitude de jouer la polémique/Moi dont la profession est parole et musique/Mais devant tant d’errance et tant de comédie/Je tire ma révérence pas encore con fini.»

La Tirade aux Incompétents, librement inspirée de Ruy Blas de Victor Hugo :

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