«Boris Vian est le 1er qui m’a donné envie de lire et d’écrire»


LE FIGAROSCOPE. – Pourquoi avez-vous accepté d’être le parrain du centenaire Vian?

Mathias MALZIEU. –Boris Vian est le premier qui m’a donné envie de lire et d’écrire. J’ai reçu L’Écume des jours en cadeau de la part d’une Chloé au début du groupe. À l’époque où je ne jurais que par Nirvana, Sonic Youth et les Pixies, la lecture n’était pas ma priorité. Pourtant, ce roman m’a passionné à l’âge de 18-19 ans. Par la suite, j’ai découvert sa musique et son côté «passeur». Il a été un décloisonneur qui m’a toujours accompagné.

Quelle est votre contribution?

J’ai préfacé le livre du centenaire. Je participe aussi à la nouvelle édition de poches de 3 œuvres que j’ai choisies: L’Écume des jours, parce que c’est un chef-d’œuvre, En avant la zizique parce que ses observations du milieu de la musique sont toujours aussi pertinentes plus de cinquante ans après, et Cantilènes en gelée, pour la dimension poèmes et chansons.

Êtes-vous familier de la Cité Véron?

Oui. Il faut écrire une lettre pour visiter l’appartement. Cela donnait un côté un peu secret que j’aime bien. Le lieu devient un peu collector, sans tomber dans le snobisme pour autant. Quand on y entre pour la première fois, on est frappé par la chaleur de l’accueil.

Accepter cette mission aux Trois baudets est très lié à l’histoire de Vian pour moi. J’essaie d’y faire le lien entre le futur, à travers des groupes émergents, et le passé génial de cet endroit

Mathias Malzieu

Vous êtes directeur artistique des Trois Baudets, une salle où Boris Vian a chanté souvent…

Oui. Nous allons le célébrer avec trois concerts de Carmen Maria Vega, et une soirée spéciale Boris Vian. Nous avons acquis une machine à presser les vinyles. Vous savez, accepter cette mission aux Trois baudets est très lié à l’histoire de Vian pour moi. Dans ce lieu, j’essaie de faire le lien entre le futur, à travers des groupes émergents, et le passé génial de cet endroit. Il y a des fantômes, mais ils n’y sont pas tristes. Vian, Brassens, Brel, Gréco s’y sont produits, bien sûr, mais aussi Jean Rochefort et Raymond Devos. C’était un laboratoire sous-titré «le plus petit théâtre de variétés de Paris».

Quelle est votre mission aux Trois Baudets?

Je ne suis qu’un collaborateur parmi d’autres. J’essaie d’y insuffler des idées, un esprit, de faire un peu de programmation. Je suis fier de cette activité parce que j’aime être un passeur. À un moment de notre histoire pas évident, la joie et la culture sont à mon sens capitales. Cette écologie émotionnelle est une forme de résistance. Le groupe Dionysos cultive d’ailleurs ce côté «village d’Astérix». Qui aurait cru qu’on pourrait durer 27 ans en faisant du rock en France?

Votre film Une sirène à Paris sort cette semaine sur les écrans…

En ce moment, je cumule cette sortie, les répétitions avec le groupe et la promotion de notre nouvel album Surprisier. C’est assez extrême. Avec la ressortie du livre, on peut dire que je suis immergé dans le sujet. Mais ce n’est pas conceptuel pour autant. Chaque objet est autonome. J’avais envie de filmer une sirène sur un plateau de cinéma.

Au fond, vous êtes comme Boris Vian, un hyperactif infatigable?

J’ai parfois du mal à me suivre moi-même, mais c’est un privilège, une joie et une aventure.

.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*