Rodolphe Marconi filme le revers du Salon de l’agriculture


CRITIQUE – Avec Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes, un témoignage juste et émouvant, le réalisateur rend un bel hommage au courage paysan et pose sans colère des questions vitales.

Avec son titre long comme un jour sans pain, Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes, nous emmène au fond de l’Auvergne, dans la ferme familiale reprise voilà quelques années par Cyrille.

On y entre par l’étable, le plus classiquement du monde: traite, nourriture, nettoyage, vêlage, on a déjà vu souvent ces opérations à l’écran. Mais bientôt, le film prend sa personnalité: celle de Cyrille, qui vit le drame commun aux petits éleveurs avec son histoire et sa sensibilité propres. Rodolphe Marconi l’a suivi durant les derniers mois avant la liquidation judiciaire.

C’est à la fois un drame social et un portrait intime, étroitement tressés. Un beau portrait, d’un jeune agriculteur qui ne se plaint jamais de ses journées de 20 heures, de ses nuits de 4 heures, de sa solitude infinie car il n’a personne à qui se confier depuis la mort de sa mère, sinon un vieil ami homosexuel comme lui.

Devant la caméra de Marconi (réalisateur de Lagerfeld confidentiel), il se livre avec sensibilité et pudeur, et une dignité exemplaire dans l’adversité. Quel est ce monde où on l’endette et affame le paysan qui aime sa terre et ses bêtes, et donne sans compter pour les autres?

«Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes», film documentaire de Rodolphe Marconi. Durée: 1 h 27.

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